lundi 3 juin 2013

Capucine aux Cafés de l'Aventure




La Guilde et la Société des Explorateurs Français
vous convient aux Cafés de l’Aventure
Mardi 4 juin 2013
au Café Zango
15 rue du Cygne 75001 Paris
(métro Etienne Marcel)
Avec la navigatrice Capucine Trochet qui est de passage à Paris.
 


A retrouver sur le site de La Guilde Européenne du Raid

vendredi 31 mai 2013

Antonio Pedro da Cruz à bord de TaraTari

Mindelo, Cap Vert. je ne sais plus quel jour, janvier 2013


Excellent! Devinez qui vient me dire bonjour au bateau, ce matin!?

Retrouvailles au Cap Vert - TaraTari
Antonio Pedro da Cruz!

Notamment Ministe et Figariste, Antonio est le plus grand skipper du Cap Vert! On se connaît depuis quelques années et c'est sympa de se voir ici. Mon ami Nicolas Groux, ministe Suisse, m'avait écrit pour me dire qu'Antonio serait certainement à Mindelo en même temps que moi, mais les retrouvailles sont une agréable surprise! Antonio vit en Suisse mais revient régulièrement au Cap Vert "il n'y a pas un autre endroit sur Terre, où je puisse me sentir si bien. Ici, je me ressource." m'explique-t-il. Il parle du Cap Vert, de Mindelo, de son île qui change.

On refait le monde, un peu, mais régulièrement Antonio reste en silence, se marre et me dit "C'est complètement fou! c'est génial! ça, c'est de l'aventure!" avant d'insister "C'est complètement fou! C'est génial!" héhé. On rigole bien.

Il me raconte des anecdotes de ses années sur le circuit Mini 6.50 (1999, 2001 etc). Il est le premier (et l'unique, il me semble) Cap Verdien à s'être lancé en course au large. Ca n'a pas été toujours facile pour lui, mais il a un mental d'acier. Et là, à bord de TaraTari, on se marre bien, on parle des copains en commun, de tout et de rien.

Antonio Pedro da Cruz à bord de TaraTari, Cap Vert janvier 2013.

Antonio a le sourire, il s'imagine au large à bord de Tara Tari: "Oh, vraiment j'adore! ça c'est l'aventure! ça c'est la mer! C'est génial" répète-t-il encore! Je vais sur le ponton pour le prendre en photo et ça m'amuse: Antonio est sur le point de larguer les amarres! héhé! ça le démange! Il appelle son fils, lui demande de le prendre en photo à bord de TaraTari. ça me fait chaud au coeur qu'il apprécie à ce point mon petit bateau et mon aventure! Il s'installe à la barre, me parle de son ressenti quand il part en mer, en transat. Bel échange. Il comprend ce que j'ai entrepris.

Chaque personne qui s'approche commence à me parler en me disant "Tu es folle!". Lui aussi me dit que je suis folle mais il ajoute aussitôt "Et tu as mille fois raison! c'est ça, la vie, la vraie!".

On a vraiment passé un super moment. Merci Antonio pour ton enthousiasme!
Ces retrouvailles resteront un des bons moments de mon escale au Cap Vert.

Capucine


jeudi 30 mai 2013

La découverte du Cephalopholis miniata

Reprise des récits.

Janvier 2013. Cap Vert.

Je ne sais pas quelle image vous avez du mérou, mais perso, jusqu'à maintenant, je n'avais pas un super a priori : image du poisson au physique peu flatteur, qui tire une tête pas possible. Le genre de poisson râleur, sceptique et déprimé et déprimant pour son entourage. Clairement un poisson qui a l'air de n'être ja-mais content de rien ni de personne.

- Le Mérou -

Délit de sale gueule, me direz-vous. Et bien j'ai changé d'avis. Il existe plein de sortes de mérous et en fait, un mérou, ça peut être su-per jo-li. Et c'est ce que j'ai découvert au Cap Vert, en rentrant d'une journée pêche (avec les petits bateaux aux voiles en sacs de riz) avec, pour le dîner, un spécimen absolument ma-gni-fi-que et surtout absolument rouge à pois bleus. Cephalopholis miniata de son ptit nom, soit "mérou minium","mérou rouge" ou "mérou corail à pois bleus" pour les intimes.


Avant qu'il ne devienne qu'un super souvenir gastronomique, j'ai voulu en savoir plus sur ce petit trésor de la nature. Je ne savais pas, alors, que j'étais sur le point de faire une autre découverte, une VRAIE découverte scientifique sur ce membre de la famille des Serranidae.

Un Cephalopholis miniata à bord de TaraTari

Parce que: que sait-on vraiment de ce Cephalopholis miniata? Hein? On sait que ce poisson très coloré peut mesurer jusqu'à 40 cm; qu'il a un corps fusiforme avec un profil dorsal convexe, une tête pointue et les marges des nageoires arrondies. Ok. On sait aussi que la coloration générale varie de l'orange pâle au rouge foncé et que les petits jeunes sont couleur Tara Tari: orange uni. Le corps et les nageoires des adultes sont couverts de points bleus.
 
ni carnaval, ni varicelle: c'est sa vraie couleur de peau.

Que sait-on d'autre? Ce poisson est commun sur les récifs exposés au large, et installe sa maison entre 2 et 150 m de profondeur, et que les p'tiots vivent cachés parmi les coraux. Il se nourrit de poissons et de crustacés. On sait aussi que cette espèce est hermaphrodite, que la maturité sexuelle est atteinte à 25 cm, que le mâle domine un harem de douze femelles, qui défendent chacune leur territoire. Une femelle peut se transformer en mâle, prendre un peu de poids et dominer à son tour son harem de douze nanas-mérous. On sait tout ça et plein d'autres trucs passionnants.

Beau gosse ou pas, le Cephalopholis miniata ?


J'ajouterai par exemple, que ce poisson n'est pas bête: il s'est installé près des récifs coraliens dans des endroits plutôt paradisiaques: en Indonésie, à Madagascar, à l'île Maurice, dans la Mer Rouge, aux Seychelles, en Tanzanie ou encore à Mayotte etc. En gros dans l'Indo-Pacifique, de la Mer Rouge à la Micronésie; ça va la vie. Mais dans tout ce que l'on peut lire sur le Cephalopholis miniata, que ce soit dans l'Encyclopédie, sur le "World Register of Marine Species" ou ailleurs, aucune source ne mentionne la présence de ce poisson en Atlantique. Or, avec les pêcheurs du Cap Vert et les petits bateaux avec les voiles en sacs de riz, nous ne sommes pas allés chercher le mérou au bout du monde, mais plutôt au bout de la baie.

île Sao Vincente - Cabo Verde

Alors sauf si ce spécimen était en voyage ou a décidé de vivre une vie de nomade solitaire tout comme moi, je viens de découvrir que le Cephalopholis miniata vit aussi en Atlantique. Pfffiou. Quelle découverte.

Découverte du Mérou Rouge en Atlantique en l'an 2013.
Et,
Pour fêter ça,
Eh bien,
je me suis régalée
avec ce joli mérou rouge.
Un vrai festin!

Ce n'est certainement pas ce que les chercheurs trouveurs scientifiques font habituellement de leurs trouvailles (ou en tous cas, ils ne le disent pas) mais bon, moi, j'avais faim.

Le 21 janvier 2013 sur l'île de Sao Vincente.

Mon regard sur le Cephalopholis miniata a changé à tout jamais.
Ce poisson peut être très joli, voyageur et vraiment dé-li-cieux.

Vive les poissons!
Capucine  - navigatrice exploratrice naturaliste trouviste gourmandiste.


lundi 27 mai 2013

Capucine aux Açores - Tara Tari aux Antilles

île Flores. Archipel des Açores. à bord de Sonata.
(TaraTari est aux Antilles)


Bonjour!
Nous sommes bien arrivés aux Açores! Après 20 jours de mer depuis la Martinique, en double à bord de Sonata (un grand bateau de 46 pieds) nous étions contents d'arriver car les conditions n'ont pas été faciles. Des grains et puis du près pendant 16 jours, l'arrivée sur l'île de Flores a été une superbe récompense. Quelle île merveilleuse! toute verte, toute belle et qui sent bon les fleurs...
Le temps de sécuriser le mât (le bas-hauban tribord lâchait) et hop nous avons filé à Horta, sur l'île de Faial.

île de Flores

Merci beaucoup à Gaëtan, pour cette traversée retour pas simple, à bord de Sonata dont il est le skipper. Bon vent et bonne mer pour la suite en solitaire!

Peindre est une tradition, pour les marins qui passent aux Açores


Mon état de santé ne me permet pas de continuer par la mer. Après avoir passé une grande partie de cette transat retour sous morphine, un petit changement de programme s'impose: retour en France en avion, pour me soigner comme il faut.

à Flores, aux Açores
A bientôt tout le monde! Prenez soin de vous!
Capucine

mardi 30 avril 2013

Transatlantique retour

Martinique, le 30 avril 2013.

Le récit de la traversée de l'Atlantique avec TaraTari n'est pas encore fait que me voilà repartie en mer! En effet, dans quelques heures, je quitte la Martinique pour une traversée de l'Atlantique retour, jusqu'en Belgique, avant de passer un peu de temps en Bretagne.

TaraTari va rester en Martinique, sorti de l'eau, bien ficelé et bien à l'abri des éventuels cyclones qui peuvent sévir ici. Merci à "Carenantilles" pour l'accueil! TaraTari sera donc aux Antilles jusqu'à mon retour.

Là, je pars en transat sur un plus gros bateau, un 46 pieds. Nous serons en double avec Gaëtan, expert de la nav' au sextant. ça va être super d'avancer avec le soleil et les étoiles! Escale prévue aux Açores. Une belle boucle en Atlantique, en quelques mois.. je suis heureuse.


Je reprendrai mes récits dans quelque temps donc.
Prenez soin de vous et de vos proches,
A bientôt!
Capucine

dimanche 28 avril 2013

pêche hétéroclite


Mindelo. Sao Vincente. Cap Vert, janvier 2013.

A Mindelo, on m'a parlé de quelque chose qui m'intrigue et je me dirige alors vers le port de commerce. Normalement il faut des autorisations pour pénétrer dans la zone mais le gardien ouvre la porte sans trop poser de questions. Au fond du port, derrière les cargos rouillés, un bateau de pêche, des conteneurs et une grue. Je m'approche. Ce sont des pêcheurs de requins.


Des gars me demandent qui je suis et ce que je fais là. Ces pêcheurs sont Espagnols, alors on arrive à  communiquer facilement. Petite discussion avec le patron qui m'autorise à rester et qui est ok pour répondre à mes questions. Parce qu'en voyant tous ces requins, en grappes, soulevés par la grue, je me pose en effet quelques questions.


Les requins sont intensivement pêchés, le plus souvent uniquement pour leurs ailerons qui constituent l'ingrédient principal de mets, notamment la soupe d'ailerons de requin, appréciés en Asie du Sud-Est. Le patron de pêche m'explique que les ailerons iront à Singapour pour la 'soupe', et les "troncs" des requins seront, eux, vendus en Allemagne. Des centaines et des centaines de requins congelés sortent des cales du bateau de pêche, il y a aussi des thons, des espadons.. 5 espèces au total, me dit-il. "Les ailerons se vendent bien. Surtout pour les soupes, en Asie" répète-t-il.



La plupart des études estiment que le nombre de requins tués pour leurs ailerons serait de 38 à 100 millions chaque année dans le monde entier. (Lire l'article de National Geographic de 2006).

Mais l'intensification de cette pêche, l'augmentation de la demande d'ailerons et l’absence de données internationales fiables laissent à penser que ce nombre est fortement sous-évalué aujourd'hui. L'Union européenne évaluait les pêches de requin à 800 000 tonnes par an en 2008. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 890 000 tonnes de requins étaient pêchées en 2000, contre 770 000 tonnes en 2005 et 740 000 tonnes en 2008. En 2008, l'Indonésie était le premier pays pêcheur de requins au monde avec 110 000 tonnes, suivi par l'Inde (80 000 tonnes), l'Espagne (56 000 tonnes), l'Argentine (46 000 tonnes), Taïwan (41 000 tonnes), les Etats-Unis (37 000 tonnes), le Mexique (29 000 tonnes) et la Malaisie (23 000 tonnes).

Sous mes yeux, les requins sortis du bateau de pêche sont aussitôt chargés dans les conteneurs. Je suis assez étonnée, car l'hygiène laisse à désirer. Ok le gars a des gants, mais un petit chien gourmand se lèche les babines devant ces glaces goût requin, qui touchent le bitume. Je prends quelques photos et sur le pont les pêcheurs observent.



13 hommes, 80 jours en mer pour pêcher quelques tonnes, essentiellement de requins. Leur zone de pêche, m'explique-t-il, s'étend du Golfe de Guinée au Brésil. Les eaux du Cap Vert grouillent de requins, et je lui demande, puisqu'ils sont Espagnols, pourquoi c'est ici à Mindelo qu'ils chargent les conteneurs. "Remonter à Vigo ferait 'perdre' 2 semaines de mer. C'est plus pratique de charger ici" dit-il. Ailleurs j'entendrai qu'on est un peu moins regardant ici loin de tout, sur les quotas et tout ça, que dans d'autres pays. Mais je me méfie de ce que l'on raconte. Je sais que la pêche aux requins est beaucoup trop importante et que de plus en plus d'Institutions se mobilisent pour la préservation de ces espèces.
Je n'ai pas menée d'enquête sur ce bateau-là, je ne saurais affirmer si cela est légal ou non, mais je sais que le problème existe, et qu'il se passe des choses loin de nos yeux, des choses mauvaises pour la planète.


Les requins sont par exemple au coeur du programme 2013 de l'Institut Océanographique de Monaco. Le grand problème, c'est qu'avec des films tels que les Dents de la Mer, l'Homme se trompe sur le requin, ne l'aime pas et se trompe à son sujet. Ok, ce n'est pas la plus mignonne des petites bêtes, mais nos mers, nos océans ont besoin d'eux. C'est indéniable. Et puis pour avoir navigué au milieu des requins à l'approche du Cap Vert, je peux assurer que les requins sont beaux, vifs et ne méritent pas un tel jugement. Comme pour de nombreuses espèces, il faut apprendre à vivre ensemble, à les respecter et à cohabiter.


requins, thons, espadons... congelés.

Deux conteneurs chargés... et je pars retrouver mon petit TaraTari. Je suis un peu bouleversée par ce que je viens de voir. Et dire qu'hier j'étais avec les pêcheurs qui avancent avec des voiles en sacs de riz...  Hétéroclite, la pêche au Cap Vert. 

J'ai un respect immense pour les pêcheurs, car ils exercent à mes yeux le métier le plus dur au monde. Mais j'en veux à ceux qui commandent toutes ces tonnes de poissons, de requins, de baleines et tout... Il faut savoir rester dans la juste mesure, préserver l'équilibre. Enfin, j'aurais le discours classique de ceux qui aiment la Nature, et veulent préserver les Océans. Alors j'en profite pour me faire relais de "l'Appel de Paris pour la Haute Mer, belle initiative de Catherine Chabaud et Romain Troublé (de Tara Expéditions) à découvrir et soutenir sur http://www.lahautemer.org


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 PARIS APPEAL for the HIGH SEAS
"We are currently mobilizing a maximum number of people all over the world to pressure
our governments, economic partners and networks into obtaining an ambitious
agreement at the United Nations General Assembly in 2014."


The High Seas lie over the horizon, beyond the reach of States. While these international waters cover half of our planet, they are less familiar to us than the surface of the moon. Yet we could not survive without them. They feed us, provide half of our oxygen, regulate our climate, capture most of our greenhouse gas emissions, and enable almost all trade in goods. They inspire poets and nourish children’s dreams. If such a treasure were to belong to a single nation, it would be its most cherished possession.But the High Seas belong to none; they must be managed in the interest of the public good, as a shared “common heritage for all humanity”.
http://www.lahautemer.org/en/

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Je préfère parler des jolis voiliers de pêche en bois, mais il ne faut pas rester dans l'utopie, partout dans le monde la surpêche, la surconsommation s'installe. Il faut en parler et agir.
A bientôt,
Capucine

lundi 22 avril 2013

Pêcheurs du Cap Vert

Ile de Sao Vincente - Cabo Verde. janvier 2013.

Il fait encore nuit quand les hommes se retrouvent Baía das Gatas, sur la côte Nord Est de l'île. Pêcheurs traditionnels, ils vivent en vendant leurs poissons au marché, survivent face aux unités plus grosses, qui approvisionnent quant à elles, les conserveries locales.

Les coques en bois, colorées de peintures vives, ne sont pas des barques mais bien des petits bateaux à voiles. Les hommes s'avancent, pieds nus dans le sable. Quelques poteaux de bois en guise de mât, sont posés sur la plage déserte. A la lumière de lampe à pétrole, ils gréent leurs embarcations, se préparent à partir en pêche.


Rien de plus simple. Le mât, posé dans le fond de la coque en bois, est maintenu par une planche de bois fixée dans le fond et soutenu un peu plus haut par une planche trouée. C'est tout.


Trois bouts de bois et une voile et voilà un gréement simple et efficace. Une seule voile suffit à faire avancer à bonne vitesse les petits bateaux. Le vent souffle fort dans l'archipel du Cap Vert, alors une barque motorisée aide les petits voiliers qui n'ont, eux, pas de moteur, à s'extraire de la baie, en les remorquant face au vent. Et après le temps de pêche, vers 15h, c'est à la seule force du vent portant qu'ils rentrent. Une méthode écologique et économique pratiquée dans plusieurs régions du monde, comme au Sénégal et les côtes proches du Cap Vert.


La voile: des sacs de riz cousus! ça fonctionne super bien. :)


Un peu à l'écart de la baie, les petits voiliers peuvent selon les poissons à pêcher, se mettre au mouillage. Ils n'ont pas d'ancre, mais utilisent une grosse pierre tout simplement, autour de laquelle ils nouent un gros bout, souvent trouvé échoué sur la plage.


Les pêcheurs du Cap Vert sont d'excellents marins, car il n'est pas évident de passer entre les rochers, dans le vent fort et dans les vagues, pour accéder à la baie. Le retour de pêche est un spectacle instructif. Dans toutes les mers du monde, les pêcheurs traditionnels sont les plus fins connaisseurs des lieux. Nous avons beaucoup à apprendre d'eux. Par l'observation et la rencontre.



Le soleil réchauffe mais l'air venu du large est encore frais. Les coques sont hissées sur la plage, les mâts reposent sur le sable et les écailles volent au frottement des machettes et des couteaux.


Les visages sont fatigués, les traits tirés par cette vie rude. Et pourtant, la bonne humeur demeure. Certains chantent, d'autres rient. Certains, plus solitaires, restent en silence.

 

Quelques escudos seulement pour ces poissons respectés. Ce qu'il faut pour survivre et encore.


Souvent, ce sont les femmes qui vendent le poisson dans les rues ou près du marché, à Mindelo, de l'autre côté de l'île. Une grosse bassine posée sur la tête, à la criée improvisée au premier coin de rue en terre. Aujourd'hui, la pêche n'a pas été très bonne. Le pêcheur rentre chez lui, dans sa maison couleur sable, à quelques mètres de sa coque colorée.


Dans sa main, un petit sachet blanc, quelques poissons invendus. Sa femme sort, vient à sa rencontre. Elle regarde dans le sachet, s'en empare puis embrasse son homme sur le front. Tous deux rentrent dans la petite maison. Le soir et la fatigue s'emparent de la baie devenue terne et silencieuse. Demain, avant le lever du jour, les pêcheurs retourneront sur leurs coques de couleur. Comme hier et comme tous les jours de l'année.


A bientôt,
Capucine


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