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samedi 19 mai 2018

dimanche 8 mars 2015

"Capucine contre vents et marées"


"Capucine contre vents et marées"
Reportage réalisé par Anthony Masteau, diffusé sur FRANCE 3 dans l'émission Littoral du 7 mars 2015 :




Littoral du 7 mars from Littoral on Vimeo.

lundi 2 mars 2015

Samedi 7 mars 2015 sur France 3


Chers amis, à vos télés!
Un joli reportage signé Anthony Masteau pour l'émission Littoral est à voir Samedi 7 mars 2015 à 16h15, sur FRANCE 3 puis en replay sur le site de l'émission. Le reportage sera également bientôt diffusé sur TV5 Monde et sur Planète Thalassa.




"Capucine Trochet est une fille incroyable. Il y a quelques années on lui a diagnostiqué une maladie rare, ce qui l’a obligée à arrêter les compétitions de voile. Mais elle n’a pas voulu abandonner son rêve pour autant. Aujourd’hui, à 33 ans, elle sillonne les mers du monde, à son rythme, à bord d’un petit bateau en fibre de toile de jute baptisé Tara Tari, qui a un peu le look d’une cabine téléphonique renversée. Tara Tari est arrivé du Bengladesh par la mer en 2010. Capucine lui fait poursuivre son voyage vers l’Ouest. Elle a déjà traversé la Méditerranée, puis l’Atlantique et la mer des Caraïbes. Une aventure entrecoupée de retours réguliers en France et notamment à Kerpape où Capucine est suivie, car la jeune navigatrice est atteinte d’une maladie rare et handicapante qui fragilise ses articulations…"

 Petit extrait du reportage à voir ici: LITTORAL SAMEDI 7 MARS - CAPUCINE TROCHET

Avec les témoignages de Corentin, de Maxime, de Sidney, de mon médecin le Dr Thierry Charland, Ronan de Kerpape ou encore les météorologues géniaux de The Great Circle..




A très bientôt!
Capucine

dimanche 6 janvier 2013

Essayez de comprendre

En mer. Le 23 décembre 2012.

Il fait nuit et cela fait déjà plusieurs heures que nous avons largué les amarres. Plusieurs heures, juste celles qu'il faut pour se remettre dedans, dans le rythme de cette vie hors du temps. Le vent est plutôt doux et Tara Tari avance bien. Sereinement, tranquillement sous la lune ronde, nous nous éloignons des volcans de Lanzarote. Il n'y a sur l'eau cette nuit-là, ni voilier ni bateau de pêche. Seule sur le pont, je respire profondément. Il fait bon et je me sens bien, si bien.

la nuit du départ
Je pars heureuse et dans ces premiers instants de nuit, mes pensées papillonnent, d'images en souvenirs de ces quelques mois d'escale à Lanzarote. Des rencontres et des partages aussi beaux qu'improbables, le cabotage dans les îles, Graciosa et la pêche à la sardine. Et je souris aux anges, aux étoiles et à la nuit, comme pour remercier la chance qu'il m'a été donnée de vivre ces instants. Saine nostalgie propre au départ; pas de tristesse ni de regret, je pars le coeur rempli de bonnes énergies, carburant écolo pour avancer encore et encore. C'est ça aussi de vivre le présent au présent. Je pars heureuse, disais-je. Heureuse de retrouver ce poumon de vie, je pars respirer le monde. Mes yeux pétillent de larmes de plaisir.
*
On me dit folle, utopiste, idéaliste rêveuse, trop passionnée, trop en marge de la vie. L'incompréhension est réciproque: le monde des terriens me semble fou. Plus j'avance dans ce voyage au coeur du monde et moins je comprends le matérialisme et l'agressivité de nos villes, de nos sociétés consuméristes aux administrations compliquées. J'avance fidèle à mes convictions et nous verrons bien si je suis à ce point dans l'erreur. Les gens des villes n'ont pas l'air très heureux avec tous leurs gadgets inutiles.
Cette nuit, cette première nuit de retrouvailles avec le large, je me retrouve au coeur du monde, en harmonie avec la vie. Puissent ces quelques images, ces quelques lignes, témoigner de la magie du monde dans lequel je vis.
*
l'approche des sièrenes

Des formes étranges s'approchent à vive allure de la coque de Tara Tari. L'eau est si claire et la lune si belle, que ces silhouettes ondulantes scintillent. Des étoiles filantes tombées à l'eau? Des sirènes? Qu'importe ces dauphins porteurs de rêve viennent jouer avec nous, certains sautent d'un côté à l'autre, m'éclaboussent. D'autres à l'avant, jouent avec l'onde de l'étrave du bateau qui file à bonne allure. C'est féérique. Tara Tari est si bas sur l'eau que ces magiciens sont à quelques centimètres de moi. Je file à l'avant, à genoux sur l'étrave, j'embrasse la magie.


Et le dauphin me sourit.
"Merci la vie!" je crie ma joie, plonge mon bras dans l'eau, caresse ces dauphins du bout de ma main, ils se dandinent, là, juste devant, beaux comme le monde, et l'on se touche, contact physique et poignant dans cette eau si pure. "Merci...." dis-je encore à voix basse, le regard enivré par ce spectacle, les yeux éclaboussés par l'émotion.

Un guide devant l'étrave de Tara Tari
Je savoure mon plaisir, c'est si fort. Le vent, le bateau qui file sous la lune, la nuit, l'eau si belle, et c'est presque trop de magie. "Il faut que les gens sachent que ça existe vraiment, je ne suis pas folle" je me dois d'être témoin de ce moment. "Réveillez-vous tous! la vérité est ailleurs, elle est là, devant l'étrave. Ouvrez les yeux! Ouvrez vos coeurs! Regardez" je tente quelques photographies.

La magie opère encore et encore. Les dauphins sautent au dessus de l'étrave, replongent, m'éclaboussent, caressent ma main que je tiens dans l'eau.. C'est surréaliste et pourtant tellement réel.
Qui va trop vite ne peut vivre cela. Qui prend trop de hauteur ne peut être ainsi au contact du monde.
Quelle magie. La rencontre est possible pour celui qui a le coeur ouvert, disponible et disposé à la rencontre. Si proche du monde, je le regarde, l'admire, le respecte.
Élément parmi les éléments. Nous respirons ensemble.
L'essentiel.

Bulles de Noël
Utopiste, je le suis peut-être, mais comment pourrait-il en être autrement portée par une telle féerie? 

Cette navigation vers les îles du Cap Vert s'élance de la plus belle des manières...
Capucine

jeudi 1 novembre 2012

Bientôt l'envol des Canaries

Hello!
Un mois sans nouvelles... et même un peu plus d'un mois, désolée pour le silence radio! tout va bien. 1 mois, c'est certainement le temps qu'il me faudra pour arriver de l'autre côté, alors on n'a qu'à dire que c'était un test de "sans nouvelles".

Préparation de la traversée, matériel à récupérer un peu partout, les présentations de l'aventure dans des écoles, à Kerpape, les interviews etc.. Une transat en solitaire sur un petit bateau en jute demande beaucoup d'organisation et de préparation pour que tout se passe au mieux; je n'ai pas vu les journées défiler. Tout est passé vite mais voilà: tout est prêt pour la suite de l'aventure!

Je mets des petits "ok" devant chaque ligne de ma "to do" liste et en ce 1er novembre, je peux l'affirmer: la phase 1 de la préparation de cette nouvelle aventure en Atlantique, est enfin terminée! Ce qui signifie que la partie plus agréable (qui consiste à naviguer) approche, héhé.

A Lanzarote, aux Canaries, je m'occupe de Tara Tari et prépare encore un peu la belle nav qui nous attend. Départ dans environ 15 jours pour le Cap Vert! Escale prévue à Mindelo, ville natale de Cesaria Evora :) sur l'île Sao Vincente, et puis ensuite, cap à l'ouest, traversée jusqu'à la Barbade.

Bientôt l'envol des Canaries !

Dans quelques jours, mon avitaillement transat (du verbe avitailler: "pourvoir un navire avant son départ de tout ce qui lui sera nécessaire" dixit le dictionnaire de l'Académie Française), c'est à dire les lyophilisés offert par Sidney Gavignet, un panneau solaire d'Olivier Avram, un pilote automatique et d'autres bricoles arriveront par la mer avec un autre ami, Renaud Mary qui fera escale à Lanzarote juste pour me déposer tout ça. L'aventure est partout! Il y a eu des moments bien drôles, mais là, la connexion n'est pas bonne, je donnerai donc plus de nouvelles plus tard. Notamment pour remercier mes amis de Kerpape pour leur infini soutien et aussi pour remercier les personnes qui m'ont aidée dans cette nouvelle grande étape de mon aventure. Aventure définitivement portée par la générosité et la solidarité de tous.


Je suis super heureuse de bientôt repartir en mer avec mon vaillant petit Tara Tari.
ça va être top!
Affectueuses pensées des îles Canaries!
Capucine & Tara Tari


ps: petit message personnel aux tempêtes tropicales: ça suffit les bêtises maintenant, on se calme et on laisse les petits bateaux passer tranquilou avec les alizés, merci beaucoup.

jeudi 14 juin 2012

objet: texte sur toi

Toujours à Lanzarote. juin 2012.

Sortie de mon petit volcan.

Retour dans cette vie qui se vit beaucoup trop devant un écran d'ordinateur. Dans ma messagerie, un mail de Maxime Dreno, mon équipier de Gibraltar-Lanzarote, rentré en France peu après notre arrivée sur l'île. L'objet de son message: "texte sur toi". Ces lignes, Maxime les a écrites pour ce blog, parce qu'on lui a demandé comment il avait vécu cette nav, et surtout-surtout quel était son regard sur moi. Je copiecolle donc son texte. Merci Maxime pour ces lignes d'amitié. Nous ne sommes pas prêts de l'oublier, notre baptême de détroit de Gibrlatar! C'était dur mais bien: Le temps qui passe est comme une petite passoire qui égoutte les souvenirs pour ne garder que les bons moments. Hé! Pas idiote, la mémoire!
C'est chouette d'avoir des amis dans la vie.
Capucine


**
Mai 2012. Par Maxime Dreno.
" Une skipper d'un petit bateau... 

Le sourire est souvent aux lèvres. Parfois il disparaît: la fatigue est là ou un petit souci la tourmente. Capucine est ainsi en mer. Elle ne cache pas grand chose de ses humeurs. Heureusement pour moi, elles ont tendance à être au beau fixe.

Après 11 jours en mer et quelques jours à terre sur la magnifique île de Lanzarote, je peux me permettre de décrire la skipper du petit Tara Tari qui a tout d'un grand.

photo d'équipage devant Casablanca

Je suis toujours en bons termes avec Capucine et pourtant cela n’était pas gagné d'avance. La navigation de Gibraltar à Lanzarote nous aura offert toutes les possibilités de conditions que l'on peut retrouver en mer et qui parfois mettent à rude épreuve le moral des marins.

Dans le vent plus que fort du détroit de Gibraltar, j'ai vu une Capucine confiante en son bateau alors que je m'imaginais déjà sur le "toit", bateau retourné aux milieu des cargos, attendant les secours. Pour autant, il ne faut pas y voir de l'inconscience de sa part. Elle a vécu plus de choses que moi à bord et sait comment se comporte Tara Tari. Elle fait aussi très attention à la sécurité, s'attachant tout le temps, mettant son gilet de sauvetage et allant sans précipitation affaler une voile d'avant récalcitrante qui ne veut pas redescendre... Elle mettra d'ailleurs un temps un peu long, pour moi à la barre, pour régler ce souci mais elle veut faire les choses bien. Une seule fois suffit d'aller jouer à l'avant dans une mer démontée...

Sortis de ce détroit en ébullition, où la seule issue n'était qu'avancer, j'ai vu une Capucine apprécier à sa juste valeur le calme relatif lorsque elle m'a relayé à la barre et c'est en toute confiance que je suis allé me reposer. A mon réveil, j'ai retrouvé une Capucine heureuse d’être enfin en Atlantique mais qui, me sentant éprouvé après ce passage difficile a su, avec l'avis du météorologue, prendre la décision de se rapprocher des côtes marocaines en envisageant une escale à Larrache. Escale que nous ne ferons finalement pas.

Une fois près des côtes marocaines, alors que le vent diminuait, j'ai vu une Capucine prenant son mal en patience, prenant le temps d’écrire, de lire, de dessiner, d'essayer de chanter, de regarder la mer et d'apprécier les milles visages qu'offre cet univers changeant d'heure en heure. Elle a aussi pris le temps de discuter et d’écouter, de partager aussi.


Sur son petit bateau de pêche du Bangladesh, j'ai vu une Capucine pêcher et essayer de donner la mort à un maquereau fraîchement sorti de l'eau. Elle était tellement mal à l'idée de lui donner le coup fatal, que le poisson en a profité pour se débattre une dernière fois, lui glisser des mains et reprendre sa liberté....

Dans le vent fort sur la fin, j'ai vu une Capucine avouant sa fatigue et sa hâte d'arriver. La dernière nuit a été éprouvante. Entre la mer et les cargos qui jouent à cache-cache derrière la GV, nous avions de quoi vouloir être au port. Cependant, Capucine s'est astreinte à faire régulièrement le point afin d’être sure de là où nous allions, et à garder sa bonne humeur...


Dans tout ces moments, j'ai vu une Capucine m'accueillant comme un hôte de marque malgré le côté spartiate de Tara Tari. Elle a su, à travers de petites attentions, rendre la vie à bord agréable. Petit café accompagné d'un carré de chocolat pour bien commencer la journée, un peu de saucisson, des amandes et des noix pour marquer la fin de la journée, etc. Elle a, j'avoue, souvent cuisiné. La cuisine est un peu étroite pour moi. Ses repas ont toujours l’inventivité des plus grands chefs malgré les ressources limitées. Tous ces petits gestes ont amélioré notre quotidien et rendu la vie du bord agréable...

"elle n'est pas trop jolie, ma petite théière?" entendu 738 fois en 11 jours

Mais je n'ai pas vu une Capucine essayant de m'intoxiquer avec des lyophilisés périmés depuis plus de deux ans! ça, je ne l'ai découvert qu'une fois rentré en France, en lisant les lignes de son blog et.. j'ai décidé de ne pas lui en tenir rigueur! :)

Parfois aussi, j'ai vu une Capucine tracassée par de petites choses. Elle a passé du temps à la recherche d'un briquet qui s'était caché dans une chaussure. Elle a été vexée de ne pas retrouver ses lentilles de vue perdues dans la bataille de Gibraltar et d'être obligée de porter des lunettes, dont une paire n'a pas supporté la navigation et s'est cassée. Elle a essayé de rassurer son drapeau du Bangladesh qui s'était carapaté de peur en haut du pataras dans le vent fort du détroit, pour qu'il redescende: mais il n'est pas redescendu montrant fièrement ses couleurs dans le port Calero.

"tu peux redescendre, maintenant, c'est bon, la tempête est finie!"

A quai, j'ai vu une Capucine fière du parcours effectué et reconnaissante de l'aide apportée. Humble, elle a reconnu que cela aurait été plus compliqué toute seule.

A terre, j'ai vu une Capucine appréciant la beauté des paysages, la joie d'essayer de nouveaux sports, le plaisir d'un bon verre de vin. Elle profite, de manière simple de ce qui l'entoure.

Dans ses gestes, son regard, ses paroles, j'ai vu surtout une Capucine amoureuse de Tara Tari et un joli couple prêt à aller loin.

A bord, a terre, en mer, j'ai vu aussi une Capucine avec quelques défauts, quelques idées fixes qui ont tendance à énerver. Un peu comme tout le monde j'ai envie de dire. Je ne pense pas que cela soit nécessaire d'y revenir. On a tendance à ne garder en tête que les belles choses.

Enfin en un an, j'ai vu Capucine dans diverses situations: en fauteuil, marchant avec une canne, pleine de rouille réparant Tara Tari, se réparant elle même, marchant sans canne, navigant avec le sourire au milieu de l'océan, surfant à Lanzarote... et offrant un joli parcours de Kerpape aux Canaries. Joli message de ce que l'on peut faire quand on le veut...

fin du chantier, à Lorient - Octobre 2011.

Un grand merci à Capucine pour ce périple (où les tournevis rouillés ont plus de valeur que les tournevis en or)

Maxime "

Maxime et sa barbe de marin à l'arrivée à Lanzarote

vendredi 8 juin 2012

Journée mondiale de l'océan

le 8 juin 2012. Lanzarote.

C'est aujourd'hui, la journée de "l'océan"... mais comme pour le reste, cela devrait être tous les jours.

Un peu partout, des associations et des institutions vont lancer de belles initiatives pour mieux connaître la mer, pour apprendre à la respecter. C'est important, l'action. Aujourd'hui aussi, nous pourrions prendre le temps de réfléchir. A l'avenir, à ce qu'il pourrait être si nous ne faisons pas plus attention. La prise de conscience passe aussi par la réflexion, afin d'être individuellement bien convaincu de l'importance d'entreprendre des actions durables. Bien qu'elles soient encore vraiment nécessaires, je suis certaine que si nous prenions tous un peu plus de temps pour y penser, nous n'aurions plus besoin de tant de campagnes de sensibilisation.

En plus des bonnes actions qui seront faites aujourd'hui, j'espère que chacun essaiera de prendre quelques instants, en silence et si possible au silence, pour réfléchir. 



Bonne journée à tous les océans,
capucine

mercredi 26 octobre 2011

Mise à l'eau à Lo

Samedi 15 Octobre, il est 8h du matin et avec Corentin, nous sommes à Lorient, prêts pour la mise à l'eau de Tara Tari. La nuit commence à s'éclaircir, l'humidité et l'air frais du matin piquent un peu les joues. A moins que ce ne soit l'émotion. La dernière fois que le bateau était à l'eau, c'était en juin, lors de la Semaine du Golfe. Tout est calme ce matin. Stéphane et Sylvie, qui retapaient leur bateau à côté de moi au chantier sont là, ils nous ont apporté des pains au chocolat, et prennent quelques photos. La manutention va pouvoir commencer. Mais Corentin est dans le bateau, s'empresse de fixer le presse étoupe histoire d'éviter au bateau de prendre l'eau trop vite. Nous passons les sangles sous la coque. Un pas en arrière, Tara Tari décolle du sol. Le coeur bat fort. Tara Tari est dans les airs, s'approche de la rive. Corentin et moi tenons l'avant et l'arrière du bateau par des bouts. Instant délicat et un peu émouvant, forcément. La mer est calme, sereine. Tout semble parfait pour la mise à l'eau.

La Cité de la Voile Eric Tabarly nous a gentiment proposé d'amarrer le bateau au pied de sa tour des vents. Tara Tari n'a pas encore touché l'eau, Corentin monte à bord et la grue descend encore un peu. Ça y est. Tara Tari est à l'eau! 

Je ne peux m'empêcher de sourire. Bravo petit voilier! Corentin se sert du bambou pour rejoindre le ponton. La scène est superbe. Je tiens dans ma main un bout qui me relie au bateau, je le lance et file vers le ponton. Je suis tellement contente. 

Avec Corentin, nous avions fait une petite liste de choses à faire pour le bateau pendant la matinée. Mais à peine 5 minutes après la mise à l'eau, nous avons largué les amarres, pressés d'aller naviguer!

Les voiles sont hissées et nous profitons de la brise matinale pour filer. "De la base des sous marins à la citadelle de Port-Louis, juste une petite nav', pour voir". Mais nous étions si heureux de voir Tara Tari sur l'eau que nous passons la citadelle et continuons dans la rade, enchainons quelques virements.
"J'ai mal aux joues!". Sourire un peu idiot, mélange de sentiments joyeux, tout est parfait et Tara Tari est magnifique. L'eau glisse sur sa coque, nous sommes certains que le bateau est heureux de se dégourdir les dérives dans l'eau salée. Corentin est à l'intérieur du bateau, nous sommes à hauteur de la Tourelle des Trois Pierres et je barre. Quand il ressort, Corentin s'étonne de me voir poursuivre vers le large "Ah! Tu ne veux pas rentrer?!" me demande-t-il en souriant. Nous sourions encore, quel bonheur. Mais on doit nous attendre, ce serait bien de rentrer peut-être. Allez, demi-tour, cap vers la Cité de la Voile. Mon téléphone m'indique un message, j'écoute "Capucine, nous savons que le bateau devait être mis à l'eau ce matin, mais nous ne le voyons pas et nous sommes un peu inquiets... rappelle moi". C'est Céline, de la Cité de la Voile. Il est déjà 14h (oups) et je la rappelle: "Désolée Céline, nous n'avons pas pu nous empêcher d'aller faire un petit tour, nous n'avons pas vu l'heure..." Au bout du fil, Céline est amusée, "ça ne m'étonne pas, j'espère que vous profitez bien!"

La mise à l'eau a été un grand moment, cette première petite navigation aussi. Elle nous a permis de vérifier quelques réparations et surtout de savourer le plaisir de revoir Tara Tari sur la mer.

 

dimanche 16 octobre 2011

sortie de chantier

 Aujourd'hui est un grand jour pour moi car il va marquer le début d'une nouvelle aventure. Opérée début janvier, hospitalisée jusqu'en juillet, l'année 2011 a été un peu compliquée. Deux jours après ma sortie de Kerpape, je suis allée accueillir un petit voilier qui était lui aussi un peu affaibli. Ce petit voilier c'est Tara Tari, le premier voilier construit avec un composite à base de fibre de jute. Corentin de Chatelperron, papa du bateau, a navigué du Bangladesh à la France pendant 6 mois. Depuis son arrivée en France en août 2010, le bateau a fait une tournée dans tout le pays pour rencontrer des partenaires pour le projet de recherches que Corentin, qui vit au Bangladesh, mène sur la fibre de jute. En juillet, le bateau est arrivé à Lorient, au chantier FR Nautisme et je me suis lancée dans la rénovation du bateau.

Vider le bateau, piquer la rouille, utiliser scie sauteuse, sableuse, meuleuse, ponceuse, se mettre à la strat pour colmater les fuites, peinture, sika et tout ce qui fait le charme du bricolage d'un bateau ont été au programme des trois derniers mois. Thérapie de groupe pour Tara Tari et moi réussie : nous nous sommes retapés en même temps et nous sommes aujourd'hui en pleine forme.


Corentin est arrivé en France il y a quelques jours, Tara Tari était exposé à la Cité de la Voile Eric Tabarly, à Lorient, à l'occasion de la fête de la Sciences. Nous avons mis le bateau à l'eau hier matin, samedi 15 octobre, et nous sommes aussitôt partis naviguer quelques heures. Vérification des réparations, le constat est bon et le bateau est prêt pour de nouvelles aventures. Quel bonheur de voir l'eau glisser sous la coque de Tara Tari!
Aujourd'hui, dimanche, nous vous donnons rendez-vous à midi au ponton de la Cité de la Voile, pour le baptême du bateau et l'annonce de mon projet. Petit événement simple et convivial. Corentin a accepté d'être le parrain du bateau pour ma tentative de traversée de l'Atlantique à bord de Tara Tari.
Départ prévu le 13 novembre de la Ciotat (là où Corentin était arrivé), en direction du Cap Vert. Et puis une fois que les alizés seront bien établis, cap vers les Antilles et Miami!


A très bientôt,
Capucine