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vendredi 8 juin 2012

départ en méditation

Lanzarote. juin 2012.

Lanzarote est une île désertique et volcanique. Après avoir gouté à la réflexion en pleine mer, je ne pouvais espérer plus bel écrin qu'un volcan pour prendre le temps de réfléchir à terre. Je pars donc, non pas en mer mais en terre.


ici, dans ce volcan.
- il est éteint je vous rassure.

Je pars avec de l'eau et mon couteau suisse, et de quoi me couvrir.
sans livre, ni aucune autre source de déconcentration.


il n'y a ici, que de la lave séchée, du sable volcanique et des couleurs qui se ressemblent,

et le silence.

à bientôt,
capucine




TaraTari ambassadeur de la journée mondiale des océans, au Port Calero


le 8 juin 2012. Lanzarote.

Le Port Calero - où TaraTari et moi nous trouvons actuellement- nous a fait le plaisir de choisir Tara Tari et mon aventure comme 'ambassadeurs' de cette journée dédiée aux océans. Et afin de réfléchir sur la thématique "océans et environnement", j'ai du écrire quelques lignes, disponibles en espagnol et en anglais sur le site du port et en français sur ce blog.

Texte à lire en Espagnol ici : dia mundial de los oceanos - Tara Tari - Capucine Trochet

Texte à lire en Anglais, ici :  world oceans day - Tara Tari - Capucine Trochet

*

              L’océan est notre avenir, il faut en prendre soin comme on prendrait soin d’un grand trésor ou d’une personne que l’on aime. Depuis 7 mois, je vis une belle aventure à bord de Tara Tari, petit voilier de pêche du Bangladesh qui à la particularité d'être le premier voilier fabriqué avec de la fibre de jute et des matériaux recyclés. En mer, de France jusqu’à l’île de Lanzarote, j’ai avancé doucement, avec le vent et sans moteur, en vivant au plus proche de l’Océan. Et tous les jours je me suis appliquée et m’applique encore à l’écouter pour le comprendre mieux. Chercher à comprendre l'autre est un premier pas vers le respect.

              L’Océan est vivant et comme chacun de nous, il a besoin d’affection. Il y a des petits gestes simples, que nous pouvons tous faire et qui sont de grandes marques d’affection : en ramassant les déchets échoués sur les plage lors d’une promenade, en utilisant un panier et non pas de sacs en plastique pour faire ses courses par exemple : car si un sac plastique flotte dans l’eau, les tortues et les dauphins le prennent pour une méduse, le mangent et ils en meurt. C’est une réalité qui fait mal au cœur et pourtant nous ne faisons pas encore assez d'efforts pour améliorer les choses. Au large, j’ai été bien triste de voir tant de déchets flotter : c’est pire que ce que j’imaginais. Nous devons prendre soin de l’océan pour de vrai : le couvrir d’affection et non plus de déchets.

Tara Tari est un tout petit bateau, et je n’ai donc pas beaucoup de place à bord. Je ne vis qu’avec l’essentiel, qu’avec ce qui est vraiment nécessaire. Pas de gadget, pas d’emballage superflu, pas d’objets en double: juste l’essentiel. Je n’ai à bord ni télévision ni musique mais j’ai des livres et des crayons pour écrire et dessiner et un harmonica aussi. Cela redonne de l’espace à l’imagination, permet un peu plus de créativité. Grâce à mon aventure, j’ai aussi pris conscience que l’on n’a vraiment pas besoin de beaucoup pour vivre bien: il faut faire simple. Réduire nos achats et nos consommations, oublier les modes et revenir aux sources : boire plus d’eau douce, manger des fruits et des légumes de saison cultivés près de chez nous, lire des livres… Ce mode de vie que l’on appelle la simplicité volontaire est une voie d’accès vers le bien être, et en plus il permet d'être plus respectueux de l’environnement. 

Tara Tari est ma petite planète et je dois veiller à mes ressources à bord, pour que l’aventure puisse durer dans le temps, tout en respectant l’Océan. Si mes choix de vie sont considérés un peu extrêmes par le manque de confort et par cette simplicité recherchée, chacun de nous devrions considérer nos maisons comme de petits bateaux aux ressources limitées: aussi bien en énergie, en eau potable ou en gadgets de divertissement. Il faut prendre plus de temps pour réfléchir à tout cela, pour comprendre l'importance et l'urgence de changer certains de nos comportements. Je pense que prendre soin de la nature doit être et devrait être la grande aventure de nos vies.



Journée mondiale de l'océan

le 8 juin 2012. Lanzarote.

C'est aujourd'hui, la journée de "l'océan"... mais comme pour le reste, cela devrait être tous les jours.

Un peu partout, des associations et des institutions vont lancer de belles initiatives pour mieux connaître la mer, pour apprendre à la respecter. C'est important, l'action. Aujourd'hui aussi, nous pourrions prendre le temps de réfléchir. A l'avenir, à ce qu'il pourrait être si nous ne faisons pas plus attention. La prise de conscience passe aussi par la réflexion, afin d'être individuellement bien convaincu de l'importance d'entreprendre des actions durables. Bien qu'elles soient encore vraiment nécessaires, je suis certaine que si nous prenions tous un peu plus de temps pour y penser, nous n'aurions plus besoin de tant de campagnes de sensibilisation.

En plus des bonnes actions qui seront faites aujourd'hui, j'espère que chacun essaiera de prendre quelques instants, en silence et si possible au silence, pour réfléchir. 



Bonne journée à tous les océans,
capucine

mercredi 6 juin 2012

et j'ai surfé à Famara

Lanzarote. mai & juin 2012.

Session surf.

Je suis une snowboardeuse mais pas une surfeuse, pourtant ce matin, à bord de Tara Tari, je me suis réveillée en écoutant une musique  CLIQUER ICI POUR ECOUTER LA MUSIQUE DU REVEIL  ça m'a donné la pêche: ALORS à grande forme grande résolution:
Direction le nord ouest de l'île: Let's go surfin'!


Ici sur l'île de Lanzarote,
il y a un spot. Il s'appelle Famara.

il paraît que la couleur du drapeau n'a pas été changée depuis 1974
Déjà, la route, pour venir jusqu'ici, elle plante le décor. C'est comme dans les magazines, elle te vend du rêve: le désert qui tombe dans la mer, le moulin à vent qui ne marche plus mais qui est là parce que c'est le spirit, le sable que le vent a soufflé sur la route, le drapeau qui reste rouge 365 jours par an, le Mitch Buchannon local est là dans sa cabane en bois, avec sa planche, sa bouée de sauvetage rouge, ses abdos, et son 4x4 jaune. Et puis il y a les vagues. Tu les vois de loin, les vagues de Famara.


Mais quand tu arrives à Famara, avant de sortir ta planche, tu t'approches de la mer, et tu regardes les vagues. Enfin, c'est comme ça qu'ils font ici, les 'vrais'. A côté de moi, deux surfeurs. Ils se tiennent debout, les bras croisés genre les mains sous l'aisselle opposée, ils froncent légèrement les sourcils, et regardent la mer en silence. Ils regardent la mer. Ils regardent la mer. L'un d'eux bouge un peu son pied dans sa tong mais ils continuent: ils regardent la mer. Et puis tout d'un coup, après peut-être 25 minutes d'observation de la mer, après trois clignements de paupières et après quatre remuages d'orteils gauches, l'un des deux gars regarde l'autre et lui dit avec une voix super zen mais toujours sans sourire et fronçant toujours un peu les sourcils, une phrase très éloquente :
- " 6'2"."
- "grave" répond l'autre. 

Les gars bougent et moi je file au surfshop, dans ce petit bled-là -Caleta Famara- du côté ouest de la plage. 
Caleta Famara, le village des surfeurs de l'île
J'arrive au surfshop.
Là, le gars est entrain de se rouler sa cigarette.
Ambiance tong, short long et petit t-shirt qui va bien.
Il me regarde : 'surfing?"
je ne réponds pas, mais je souris, genre "yes man".
Et là, les choses se compliquent.
Il me regarde et me dit
- " 6'4" ?"
je fais genre celle qui sait de quoi elle parle:
- " les gars parlaient de 6'2" "
- " ouai, mais j'ai regardé ce matin, franchement je pense qu'un 6'4", c'est pas plus mal"
- " je vais partir sur un 6'6", si ça t'as ça...?"
- "yes, my friend" me dit-il en me tendant la board. "bon trip!" me dit-il encore.

pas trop loin de Mitch: on ne sait jamais.
Me v'là donc avec ma 6'6" sous le bras, devant les vagues de Famara.
Et quelque chose me dit que ça ne va pas être triste cette histoire.

Les deux gars arrivés sur zone en même temps que moi et sont là, eux aussi.
Ils ont leurs shortboards posées sur le sable et commencent les étirements.
En fait, ils étirent surtout les paupières en regardant "elle ": la fille qui était déjà en train de s'étirer quand on regardait tous la mer, il y a une heure maintenant.


En même temps, c'est important les étirements, avant d'aller surfer.
Et quand tu es une fille, visiblement, il faut s'étirer avec la combinaison à moitié enfilée. Toutes les autres filles de la plage - elles sont 2 - ont la combi à moitié enfilée quand les gars - ils sont 26-  eux, moulent leurs pecs dans le néoprène noir. Va savoir pourquoi.



Il n'y a personne sur la plage de Famara.
Enfin, si: des surfeurs et deux surfeuses.
Les vagues appellent les planches.
C'est le perfect moment.
A l'eau.

Enfin, "à l'eau", c'est vite dit: déjà parce qu'avec une planche sous le bras, et bien c'est pas si facile d'avoir le style en allant dans l'eau. Plus t'es nul en surf, plus ta planche est longue, et plus ta planche est longue et plus la prise au vent est grande.... donc en gros: j'essaie de marcher tranquille vers l'eau et là, une rafale et hop là, un petit pas vers la droite et un autre en arrière... je pivote comme un girouette. - trop pas le style.


J'ai réussi à stabiliser ma planche sous le bras en avançant face au vent, mais il y a un autre problème: le sable et les galets sont si chauds que je me brûle les pieds. J'ai envie de sautiller. Mais sautiller, ça ne va pas non plus avec le style. Faut être zen, ou en tout cas en avoir l'air. Alors, je me pince les lèvres: "même pas mal", je marche du mieux que je peux avec ma planche sous le bras et avec les pieds qui me brûlent. Pas simple d'avoir le style, même pour se mettre à l'eau. Mais Gaia, ma bonne copine surfeuse & Italienne (> ça c'est +10 pour le style ;) m'a bien dit: "en surf, le truc, c'est le style". Pff. désolée Gaia: question style, j'ai fait ce que je pouvais, mais j'ai un doute sur le rendu.

Je suis désormais dans l'eau, je m'allonge sur la planche et je rame avec les bras.
Je ne risque pas de gêner les pros parce que je pars là où les vagues sont plus petites, là où il y a d'autres gens qui apprennent.
je rame, je rame, je rame...

A bord de Tara Tari, les vagues, tu t'en prends un peu dans la figure, mais là, c'est carrément un détartrage complet de la tête! ça fait du bien.

Une vague arrive et je me place, je rame en accélérant et hop, j'essaie de 1) me mettre debout, 2) tenir debout, 3) ne pas trop boire la tasse quand je tombe 4) de ne pas me prendre la planche sur la tête. Pfiou: 1) je ne me suis pas mise debout, 2) je n'ai donc pas tenu debout, 3) j'ai pris plein d'eau dans le nez, 4) même pas pris la planche sur la tête. - trop forte.

Il y a un an, je ne marchais plus et là j'essaie de me mettre debout sur la planche, et ça me fait assez mal. j'essaie encore, mais je ne peux pas m'appuyer sur les genoux, "Allez, les jambes! on y va, là!"
Nouvelle vague: nickel: 1)je me mets debout, 2) j'ai tenu quelques secondes, 3) même pas bu la tasse, 4) toujours pas pris la planche sur la tête.... - je me fais plaisir, je m'éclate, même.

En 4 heures de "surf", j'ai 'vraiment' surfé que quelques minutes mais je suis super fière de ma perf'.

Such a good vibration  :)

Sur la plage, j'enlève la combinaison néoprène. Je pense sincèrement que retirer une combinaison néoprène mouillée est un acte super anti-glamour. Il y en a qui font ça avec du style. Moi j'ai juste galéré à faire passer la combi bloquée sur mon pied droit plein de sable. Passons.


j'ai réussi à surfer - sans le style et sans le talent - mais j'ai réussi et je suis super fière de mes jambes opérées et du chemin parcouru en un an! Merci à mes nouveaux potes pour les cours! nous avons bien rigolé et puis maintenant moi aussi je peux faire ma crâneuse en disant " j'ai surfé à Famara ".

Quant au surf, si vous voulez voir de VRAIS surfeurs, filez viiiite voir ou/et revoir les superbes images d'Aurel, Ewen et Ronan lors de leur trip surf & survie sur une île déserte : Des Iles Usions.

Malheureusement mes jambes ne vont pas si bien.... alors fini le surf pour le moment. 
Capucine

mardi 3 avril 2012

A Gibraltar!! Bravo Tara Tari ! L'aventure continue!

lundi 2 avril 2012.

Pour ces bientôt 5 mois d'Aventure,
de vie simple, intense, dure mais toujours belle,


Merci la mer !
Merci le vent !
Merci la vie !
et Merci Tara Tari !
                                             ***

Du 100% à la voile tout le temps et par tous les temps
+ 3h de triche avec des roulettes sur la route (le fameux plan B) ;)

Enfin voilà nous sommes enfin arrivés en baie de Gibraltar !!!!!
Bravo Tara Tari d'avoir si bien tenu, ce long hiver en med.

La Linea de la Concepcion - Gibraltar, le 3 avril 2012
Merci à tous pour vos si gentils messages qui sont la plus chaleureuse bouillotte du monde!

Le printemps arrive et une nouvelle étape commence avec la traversée du Détroit de Gibraltar et l'arrivée de Tara Tari en Atlantique! Cap sur le Maroc, les Canaries et le Cap Vert....
Mais avant cela: petit chantier nécessaire Gibraltar. 

En avant, les rêves et la vie!
L'aventure continue !
Capucine

mardi 21 février 2012

le vent

en mer. février 2012.

En attendant le récit de la navigation au départ d'Alicante, voici quelques images et quelques embruns de Tara Tari dans le vent. C'était en mer, au sud du Cabo de Palos. Après une nuit et une matinée dans le vent fort, nous avons trouvé abri dans le petit port d'Aguilas. Il y avait 40 noeuds de vent selon les organisateurs, enfin je veux dire selon les personnes du port. Aucune avarie, Tara Tari a tenu bon et moi aussi. Mais j'étais contente de me reposer et de sécher un peu...
C'était magnifique à vivre.
La mer est belle, dure mais belle.
Capucine

voir la video