Affichage des articles dont le libellé est mer. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mer. Afficher tous les articles

samedi 19 mai 2018

dimanche 8 mars 2015

"Capucine contre vents et marées"


"Capucine contre vents et marées"
Reportage réalisé par Anthony Masteau, diffusé sur FRANCE 3 dans l'émission Littoral du 7 mars 2015 :




Littoral du 7 mars from Littoral on Vimeo.

dimanche 6 janvier 2013

Essayez de comprendre

En mer. Le 23 décembre 2012.

Il fait nuit et cela fait déjà plusieurs heures que nous avons largué les amarres. Plusieurs heures, juste celles qu'il faut pour se remettre dedans, dans le rythme de cette vie hors du temps. Le vent est plutôt doux et Tara Tari avance bien. Sereinement, tranquillement sous la lune ronde, nous nous éloignons des volcans de Lanzarote. Il n'y a sur l'eau cette nuit-là, ni voilier ni bateau de pêche. Seule sur le pont, je respire profondément. Il fait bon et je me sens bien, si bien.

la nuit du départ
Je pars heureuse et dans ces premiers instants de nuit, mes pensées papillonnent, d'images en souvenirs de ces quelques mois d'escale à Lanzarote. Des rencontres et des partages aussi beaux qu'improbables, le cabotage dans les îles, Graciosa et la pêche à la sardine. Et je souris aux anges, aux étoiles et à la nuit, comme pour remercier la chance qu'il m'a été donnée de vivre ces instants. Saine nostalgie propre au départ; pas de tristesse ni de regret, je pars le coeur rempli de bonnes énergies, carburant écolo pour avancer encore et encore. C'est ça aussi de vivre le présent au présent. Je pars heureuse, disais-je. Heureuse de retrouver ce poumon de vie, je pars respirer le monde. Mes yeux pétillent de larmes de plaisir.
*
On me dit folle, utopiste, idéaliste rêveuse, trop passionnée, trop en marge de la vie. L'incompréhension est réciproque: le monde des terriens me semble fou. Plus j'avance dans ce voyage au coeur du monde et moins je comprends le matérialisme et l'agressivité de nos villes, de nos sociétés consuméristes aux administrations compliquées. J'avance fidèle à mes convictions et nous verrons bien si je suis à ce point dans l'erreur. Les gens des villes n'ont pas l'air très heureux avec tous leurs gadgets inutiles.
Cette nuit, cette première nuit de retrouvailles avec le large, je me retrouve au coeur du monde, en harmonie avec la vie. Puissent ces quelques images, ces quelques lignes, témoigner de la magie du monde dans lequel je vis.
*
l'approche des sièrenes

Des formes étranges s'approchent à vive allure de la coque de Tara Tari. L'eau est si claire et la lune si belle, que ces silhouettes ondulantes scintillent. Des étoiles filantes tombées à l'eau? Des sirènes? Qu'importe ces dauphins porteurs de rêve viennent jouer avec nous, certains sautent d'un côté à l'autre, m'éclaboussent. D'autres à l'avant, jouent avec l'onde de l'étrave du bateau qui file à bonne allure. C'est féérique. Tara Tari est si bas sur l'eau que ces magiciens sont à quelques centimètres de moi. Je file à l'avant, à genoux sur l'étrave, j'embrasse la magie.


Et le dauphin me sourit.
"Merci la vie!" je crie ma joie, plonge mon bras dans l'eau, caresse ces dauphins du bout de ma main, ils se dandinent, là, juste devant, beaux comme le monde, et l'on se touche, contact physique et poignant dans cette eau si pure. "Merci...." dis-je encore à voix basse, le regard enivré par ce spectacle, les yeux éclaboussés par l'émotion.

Un guide devant l'étrave de Tara Tari
Je savoure mon plaisir, c'est si fort. Le vent, le bateau qui file sous la lune, la nuit, l'eau si belle, et c'est presque trop de magie. "Il faut que les gens sachent que ça existe vraiment, je ne suis pas folle" je me dois d'être témoin de ce moment. "Réveillez-vous tous! la vérité est ailleurs, elle est là, devant l'étrave. Ouvrez les yeux! Ouvrez vos coeurs! Regardez" je tente quelques photographies.

La magie opère encore et encore. Les dauphins sautent au dessus de l'étrave, replongent, m'éclaboussent, caressent ma main que je tiens dans l'eau.. C'est surréaliste et pourtant tellement réel.
Qui va trop vite ne peut vivre cela. Qui prend trop de hauteur ne peut être ainsi au contact du monde.
Quelle magie. La rencontre est possible pour celui qui a le coeur ouvert, disponible et disposé à la rencontre. Si proche du monde, je le regarde, l'admire, le respecte.
Élément parmi les éléments. Nous respirons ensemble.
L'essentiel.

Bulles de Noël
Utopiste, je le suis peut-être, mais comment pourrait-il en être autrement portée par une telle féerie? 

Cette navigation vers les îles du Cap Vert s'élance de la plus belle des manières...
Capucine

jeudi 1 novembre 2012

Bientôt l'envol des Canaries

Hello!
Un mois sans nouvelles... et même un peu plus d'un mois, désolée pour le silence radio! tout va bien. 1 mois, c'est certainement le temps qu'il me faudra pour arriver de l'autre côté, alors on n'a qu'à dire que c'était un test de "sans nouvelles".

Préparation de la traversée, matériel à récupérer un peu partout, les présentations de l'aventure dans des écoles, à Kerpape, les interviews etc.. Une transat en solitaire sur un petit bateau en jute demande beaucoup d'organisation et de préparation pour que tout se passe au mieux; je n'ai pas vu les journées défiler. Tout est passé vite mais voilà: tout est prêt pour la suite de l'aventure!

Je mets des petits "ok" devant chaque ligne de ma "to do" liste et en ce 1er novembre, je peux l'affirmer: la phase 1 de la préparation de cette nouvelle aventure en Atlantique, est enfin terminée! Ce qui signifie que la partie plus agréable (qui consiste à naviguer) approche, héhé.

A Lanzarote, aux Canaries, je m'occupe de Tara Tari et prépare encore un peu la belle nav qui nous attend. Départ dans environ 15 jours pour le Cap Vert! Escale prévue à Mindelo, ville natale de Cesaria Evora :) sur l'île Sao Vincente, et puis ensuite, cap à l'ouest, traversée jusqu'à la Barbade.

Bientôt l'envol des Canaries !

Dans quelques jours, mon avitaillement transat (du verbe avitailler: "pourvoir un navire avant son départ de tout ce qui lui sera nécessaire" dixit le dictionnaire de l'Académie Française), c'est à dire les lyophilisés offert par Sidney Gavignet, un panneau solaire d'Olivier Avram, un pilote automatique et d'autres bricoles arriveront par la mer avec un autre ami, Renaud Mary qui fera escale à Lanzarote juste pour me déposer tout ça. L'aventure est partout! Il y a eu des moments bien drôles, mais là, la connexion n'est pas bonne, je donnerai donc plus de nouvelles plus tard. Notamment pour remercier mes amis de Kerpape pour leur infini soutien et aussi pour remercier les personnes qui m'ont aidée dans cette nouvelle grande étape de mon aventure. Aventure définitivement portée par la générosité et la solidarité de tous.


Je suis super heureuse de bientôt repartir en mer avec mon vaillant petit Tara Tari.
ça va être top!
Affectueuses pensées des îles Canaries!
Capucine & Tara Tari


ps: petit message personnel aux tempêtes tropicales: ça suffit les bêtises maintenant, on se calme et on laisse les petits bateaux passer tranquilou avec les alizés, merci beaucoup.

mercredi 6 juin 2012

et j'ai surfé à Famara

Lanzarote. mai & juin 2012.

Session surf.

Je suis une snowboardeuse mais pas une surfeuse, pourtant ce matin, à bord de Tara Tari, je me suis réveillée en écoutant une musique  CLIQUER ICI POUR ECOUTER LA MUSIQUE DU REVEIL  ça m'a donné la pêche: ALORS à grande forme grande résolution:
Direction le nord ouest de l'île: Let's go surfin'!


Ici sur l'île de Lanzarote,
il y a un spot. Il s'appelle Famara.

il paraît que la couleur du drapeau n'a pas été changée depuis 1974
Déjà, la route, pour venir jusqu'ici, elle plante le décor. C'est comme dans les magazines, elle te vend du rêve: le désert qui tombe dans la mer, le moulin à vent qui ne marche plus mais qui est là parce que c'est le spirit, le sable que le vent a soufflé sur la route, le drapeau qui reste rouge 365 jours par an, le Mitch Buchannon local est là dans sa cabane en bois, avec sa planche, sa bouée de sauvetage rouge, ses abdos, et son 4x4 jaune. Et puis il y a les vagues. Tu les vois de loin, les vagues de Famara.


Mais quand tu arrives à Famara, avant de sortir ta planche, tu t'approches de la mer, et tu regardes les vagues. Enfin, c'est comme ça qu'ils font ici, les 'vrais'. A côté de moi, deux surfeurs. Ils se tiennent debout, les bras croisés genre les mains sous l'aisselle opposée, ils froncent légèrement les sourcils, et regardent la mer en silence. Ils regardent la mer. Ils regardent la mer. L'un d'eux bouge un peu son pied dans sa tong mais ils continuent: ils regardent la mer. Et puis tout d'un coup, après peut-être 25 minutes d'observation de la mer, après trois clignements de paupières et après quatre remuages d'orteils gauches, l'un des deux gars regarde l'autre et lui dit avec une voix super zen mais toujours sans sourire et fronçant toujours un peu les sourcils, une phrase très éloquente :
- " 6'2"."
- "grave" répond l'autre. 

Les gars bougent et moi je file au surfshop, dans ce petit bled-là -Caleta Famara- du côté ouest de la plage. 
Caleta Famara, le village des surfeurs de l'île
J'arrive au surfshop.
Là, le gars est entrain de se rouler sa cigarette.
Ambiance tong, short long et petit t-shirt qui va bien.
Il me regarde : 'surfing?"
je ne réponds pas, mais je souris, genre "yes man".
Et là, les choses se compliquent.
Il me regarde et me dit
- " 6'4" ?"
je fais genre celle qui sait de quoi elle parle:
- " les gars parlaient de 6'2" "
- " ouai, mais j'ai regardé ce matin, franchement je pense qu'un 6'4", c'est pas plus mal"
- " je vais partir sur un 6'6", si ça t'as ça...?"
- "yes, my friend" me dit-il en me tendant la board. "bon trip!" me dit-il encore.

pas trop loin de Mitch: on ne sait jamais.
Me v'là donc avec ma 6'6" sous le bras, devant les vagues de Famara.
Et quelque chose me dit que ça ne va pas être triste cette histoire.

Les deux gars arrivés sur zone en même temps que moi et sont là, eux aussi.
Ils ont leurs shortboards posées sur le sable et commencent les étirements.
En fait, ils étirent surtout les paupières en regardant "elle ": la fille qui était déjà en train de s'étirer quand on regardait tous la mer, il y a une heure maintenant.


En même temps, c'est important les étirements, avant d'aller surfer.
Et quand tu es une fille, visiblement, il faut s'étirer avec la combinaison à moitié enfilée. Toutes les autres filles de la plage - elles sont 2 - ont la combi à moitié enfilée quand les gars - ils sont 26-  eux, moulent leurs pecs dans le néoprène noir. Va savoir pourquoi.



Il n'y a personne sur la plage de Famara.
Enfin, si: des surfeurs et deux surfeuses.
Les vagues appellent les planches.
C'est le perfect moment.
A l'eau.

Enfin, "à l'eau", c'est vite dit: déjà parce qu'avec une planche sous le bras, et bien c'est pas si facile d'avoir le style en allant dans l'eau. Plus t'es nul en surf, plus ta planche est longue, et plus ta planche est longue et plus la prise au vent est grande.... donc en gros: j'essaie de marcher tranquille vers l'eau et là, une rafale et hop là, un petit pas vers la droite et un autre en arrière... je pivote comme un girouette. - trop pas le style.


J'ai réussi à stabiliser ma planche sous le bras en avançant face au vent, mais il y a un autre problème: le sable et les galets sont si chauds que je me brûle les pieds. J'ai envie de sautiller. Mais sautiller, ça ne va pas non plus avec le style. Faut être zen, ou en tout cas en avoir l'air. Alors, je me pince les lèvres: "même pas mal", je marche du mieux que je peux avec ma planche sous le bras et avec les pieds qui me brûlent. Pas simple d'avoir le style, même pour se mettre à l'eau. Mais Gaia, ma bonne copine surfeuse & Italienne (> ça c'est +10 pour le style ;) m'a bien dit: "en surf, le truc, c'est le style". Pff. désolée Gaia: question style, j'ai fait ce que je pouvais, mais j'ai un doute sur le rendu.

Je suis désormais dans l'eau, je m'allonge sur la planche et je rame avec les bras.
Je ne risque pas de gêner les pros parce que je pars là où les vagues sont plus petites, là où il y a d'autres gens qui apprennent.
je rame, je rame, je rame...

A bord de Tara Tari, les vagues, tu t'en prends un peu dans la figure, mais là, c'est carrément un détartrage complet de la tête! ça fait du bien.

Une vague arrive et je me place, je rame en accélérant et hop, j'essaie de 1) me mettre debout, 2) tenir debout, 3) ne pas trop boire la tasse quand je tombe 4) de ne pas me prendre la planche sur la tête. Pfiou: 1) je ne me suis pas mise debout, 2) je n'ai donc pas tenu debout, 3) j'ai pris plein d'eau dans le nez, 4) même pas pris la planche sur la tête. - trop forte.

Il y a un an, je ne marchais plus et là j'essaie de me mettre debout sur la planche, et ça me fait assez mal. j'essaie encore, mais je ne peux pas m'appuyer sur les genoux, "Allez, les jambes! on y va, là!"
Nouvelle vague: nickel: 1)je me mets debout, 2) j'ai tenu quelques secondes, 3) même pas bu la tasse, 4) toujours pas pris la planche sur la tête.... - je me fais plaisir, je m'éclate, même.

En 4 heures de "surf", j'ai 'vraiment' surfé que quelques minutes mais je suis super fière de ma perf'.

Such a good vibration  :)

Sur la plage, j'enlève la combinaison néoprène. Je pense sincèrement que retirer une combinaison néoprène mouillée est un acte super anti-glamour. Il y en a qui font ça avec du style. Moi j'ai juste galéré à faire passer la combi bloquée sur mon pied droit plein de sable. Passons.


j'ai réussi à surfer - sans le style et sans le talent - mais j'ai réussi et je suis super fière de mes jambes opérées et du chemin parcouru en un an! Merci à mes nouveaux potes pour les cours! nous avons bien rigolé et puis maintenant moi aussi je peux faire ma crâneuse en disant " j'ai surfé à Famara ".

Quant au surf, si vous voulez voir de VRAIS surfeurs, filez viiiite voir ou/et revoir les superbes images d'Aurel, Ewen et Ronan lors de leur trip surf & survie sur une île déserte : Des Iles Usions.

Malheureusement mes jambes ne vont pas si bien.... alors fini le surf pour le moment. 
Capucine

mardi 21 février 2012

le vent

en mer. février 2012.

En attendant le récit de la navigation au départ d'Alicante, voici quelques images et quelques embruns de Tara Tari dans le vent. C'était en mer, au sud du Cabo de Palos. Après une nuit et une matinée dans le vent fort, nous avons trouvé abri dans le petit port d'Aguilas. Il y avait 40 noeuds de vent selon les organisateurs, enfin je veux dire selon les personnes du port. Aucune avarie, Tara Tari a tenu bon et moi aussi. Mais j'étais contente de me reposer et de sécher un peu...
C'était magnifique à vivre.
La mer est belle, dure mais belle.
Capucine

voir la video