lundi 26 mars 2012

aspiration

En mer. toujours au même endroit.

Parfois quand on marche, on se sent suivi.
En navigant, parfois, c'est pareil.
Et là, avec TaraTari, nous sentons bien que nous sommes suivis.
Instant d'inquiétude, je me retourne.
En effet: nous sommes suivis.



Des petits poissons.
Ils sont là, juste derrière nous.

Personne n'aime être suivi dans la rue et en mer, c'est pareil. On a eu envie de leur proposer de doubler mais finalement avec Tara Tari, nous avons compris qu'avec ces petits poissons nous pouvions nous aider mutuellement.

Bien groupés derrière le safran de Tara Tari, ces petits poissons sont des petits malins. Ils profitent de notre aspiration pour économiser leurs efforts. L'aspiration est un phénomène physique qui consiste à se placer derrière un costaud (enfin un solide, c'est pareil ;) lors d'un déplacement, en général à une vitesse élevée (c'est notre cas, c'est bien connu ;) afin de diminuer sa propre résistance aux fluides présents dans l'environnement. L'aspiration est fréquemment utilisée en courses, car cela permet d'économiser l'énergie fournie dans l'effort, tout en maintenant une bonne vitesse. Un truc de sportifs, ça l'aspiration! Ces petits pescaditos doivent être copains avec le cycliste Miguel Indurain ou avec le pilote de F1 Fernando Alonso. Malins, ces Espagnols.

Celui qui est devant fournit l'effort, alors de temps en temps, nous demandons aux petits poissons de passer devant. En cyclisme, on parle de "tourniquet belge" pour parler de ce changement en tête du petit groupe. C'est une méthode qui permet d'atteindre de très bonnes vitesses. Et nous la mettons en pratique avec nos petits amis les poissons.

La nature a su bien avant les cyclistes, coureurs de fond et autres pilotes F1, utiliser ce phénomène physique pour économiser de l'énergie. Chez les oiseaux les cormorans utilisent le phénomène, mais aussi et surtout les oiseaux migrateurs, comme les oies sauvages.


Les oies migratrices m'ont toujours fascinée. Elles volent en V tout autour de la terre.
Certains cétacés aussi fonctionnent en V pour se déplacer tout autour de la mer.
Dans le ciel, les oies volent en V car cela permet d'améliorer l'aérodynamisme du groupe, mais cela a aussi un lien avec le phénomène d'aspiration: toutes les oies du groupe, sauf celle de tête, bénéficient d'une petite amélioration de portance due à l'aspiration créée par l'oie située un peu devant dans le V. Les oies effectuent des rotations, afin que chacune puisse se reposer ou mener le V. Economie d'effort et gain de rentabilité; elles vont vite et très loin sans trop se fatiguer. La nature est bien maligne.

En mer, au pied des montagnes de la Sierra Cabrera,
avec Tara Tari et les petits poissons qui se reposent derrière le safran,
inspirée par cette aspiration naturelle,
mon esprit s'évade avec un envol imaginaire d'oies sauvages migratrices.
je me sens bien.

Capucine

vendredi 23 mars 2012

♪ je vois la vie en rouille ♪ ♫ ♪♪ ♫♫

A quai.

Qui dit "Tara Tari", dit "bricolage et autres bidouilles".
Alors de retour au port, je prends ma super trousse à outils, toute belle toute neuve du départ. Un dimanche après-midi comme un autre, de bricolage à la maison.


Jusque là, tout va bien. 
J'ouvre ma trousse à outils.

Et puis..


Et puis...

Garrucha, mars 2012
Voilà, l'histoire de la vie de mes outils à bord de Tara Tari.
Toutes les semaines, c'est le même constat rouillé.
Assez vite après Barcelone, j'ai ajouté une ligne à la "to do" liste hebdomadaire :
"vider l'eau de la trousse à outils".

Garrucha, mars 2012
La rouille et moi on se connaît bien.
On était en colloc' ensemble, pendant 3 mois à Lorient,
j'ai grattouillé la rouille de Tara Tari avec des brosses, du sable, avec une meuleuse et aussi un marteau. On se connaît par coeur.

 Gratouillage de rouille. Lorient, juillet 2011.

Mais loin des yeux, loin du coeur, elle a dû avoir peur que je ne l'oublie.
Alors elle revient.
Doucement, surement.
Que voulez vous

A nager dans le bonheur,
on finit par voir la vie en rouille.

Capucine

Dérive, la contre attaque.

En mer. en approche du Cabo de Gata.

Nous sommes donc là.
Encore et toujours là.
Toujours sous la pluie.
Toujours un peu collés sur l'eau.
Toujours en approche du cap de Gata.
Le moral est bon: derrière nous, le phare de la Media Naranja est de plus en plus petit.

le phare de la pointe Media Naranja, passé depuis belle lurette
Quelques heures plus tard, la pluie cesse enfin et le soleil perce les nuages. 
Le vent d'Est tombe, et c'est bien dommage car après plus de 50 heures sous la pluie, je pensais que nous serions récompensés par un vent favorable qui nous laisserait enfin passer le cap de Gata.
Mais non.

Après une matinée de pétole, le vent de secteur Sud Ouest se lève violemment. Je vois le truc venir et prends un ris. "Tara Tari, ça va souffler fort! préparons-nous!" je file dans le bateau, vérifie que tout est bien amarré, déplace ce qui pourrait se casser la figure et ressors aussitôt sur le pont. En quelques minutes, les vagues se soulèvent et le vent siffle un air strident. Une rafale un plus costaude nous couche sur l'eau. Tara Tari se redresse. Je prends un deuxième ris, mais nous sommes toujours trop toilés.
- "Voyons bonhomme, c'est quoi ces manières? on ne se tient pas vautré comme ça dans cette maison!" je plaisante avec TaraTari, en espérant que le vent va mollir un peu.
Mais non. Au contraire. ça monte, et j'affale vite la grand voile.

Pendant trois heures, nous tirons des bords inutiles. J'ai pris des repères sur la côte, il me semble que nous reculons. Il faut dire que je n'arrive pas à virer. Dès que Tara Tari se retrouve face au vent, les vagues l'empêchent de changer d'amure. Je reste calme, et essaie plusieurs fois. Relancer le bateau en reprenant un peu de vitesse et hop, on vire. Mais non, ça ne passe pas. Tant pis, j'empanne. Et empanner quand on veut avancer au près, ça n'aide pas. C'est la lutte. Les vagues sont toujours aussi désagréables, courtes, hautes. ça déferle dans tous les sens.

Le problème c'est qu'avec la pluie et la pétole, je n'ai pas dormi du tout depuis 48h et je me sens donc un peu fatiguée. Les vêtements toujours trempés, je me sens fatiguée. Je regarde la mer qui n'a pas l'air de vouloir se calmer, et le vent non plus. Je remarque aussi que nous dérivons vers l'Est.
"Avec ce vent fort du Sud Ouest, nous n'arriverons pas à passer, Tara Tari. On tente encore quelques bords, et on avise. Mais je sens que ça va encore être un retour au port."

Par Vhf, je contacte le petit port de San Jose. Sans moteur dans ces conditions, il est impossible d'aller s'y abriter et eux n'ont rien pour nous remorquer. "Si vous avez besoin d'aide, appelez les Sauveteurs en Mer". San Jose est a une trentaine de milles de là où je viens. Je suis désolée de ne pas pouvoir entrer dans le port. Mais pas le temps de se lamenter. J'empanne mais cette fois pour faire route vers le Nord. Par VHF toujours, je contacte le port de Carboneras. Petit port attaché à une centrale thermique, pas vraiment fait pour les voiliers, à 10 milles au sud de Garrucha. Personne ne répond et vu les conditions de mer, je préfère ne pas m'y aventurer.

La fatigue ne m'aide pas à réfléchir intelligemment. Je ne sais plus si être contente de ma décision de jouer la sécurité, déçue de ne toujours pas passer le cap. bref, c'est un peu confus dans ma tête. Porté par le vent, surfant les vagues, Tara Tari est stable. Alors, attachée, assise au dessus de la descente, je regarde le Cap de Gata s'éloigner. Je ferme les yeux et m'accorde quelques secondes réparatrices.

où sont le vent et les vagues? exemple d'une photo qui ne parle pas d'elle même
Sous foc seul, nous avançons désormais au portant, vite, très vite vers le Nord. Je n'ai pas l'habitude de voir le paysage défiler si vite. Je branche le petit GPS: qui m'indique notre vitese : 6,8! je n'ai jamais été aussi vite! 7,1!! oulala. ça va trop vite, ce n'est pas bon pour Tara Tari ça! Je vais à l'avant pour prendre un ris dans le foc. Mais nous dérivons beaucoup vers l'Est, et cela va vite devenir un problème, car si je ne fais rien, d'ici quelques heures nous serons à Cartagena ou même à Barcelone! Je relâche le ris du foc et passe à l'action. Quelques mois après "pétole, la contre attaque" voici "dérive, la contre attaque"!


Je file dans le bateau, note sur ma main la position du port de Garrucha et prends le GPS. Je regarde notre position, surveille le cap indiqué par le GPS, et attends 5 minutes. Au bout de 5 minutes, je relève notre position. 5 minutes plus tard, je recommence. Et 5 minutes plus tard, encore. Cela me permet de voir à quelle vitesse nous dérivons vers l'Est. En effet, il est urgent de faire quelque chose. Cap à l'Ouest. Je vise le début de la plage de Mojacar, situé à 5 milles au Sud de Garrucha. Normalement ça devrait être bon. Assez vite, et parce que nous nous rapprochons de la côte, les vagues sont moins désagréables, et le vent un peu moins fort car les falaises nous protègent. Bonne option! Et avec les jumelles, je repère l'entrée du port: "Super, Tara Tari! Nous allons réussir! youpi!"


Et voili. Nous avons réussi.

Retour au port n°5.
ça pourrait être le nom d'un parfum,
senteur d'amertume.

Next time, peut être.
Capucine

jeudi 22 mars 2012

L'orage

Deuxième nuit en mer depuis le départ de Garrucha.

- "flop" dit la grand voile
Nous sommes collés, le long des falaises. Aussi collés sur l'eau que mes vêtements le sont sur moi. Il fait nuit et une brume épaisse et humide s'écrase lourdement sur nous. Le vent est nul - dans tous les sens du terme. La brume est si épaisse que je ne vois presque plus le phare de la pointe de la Media Naranja.
- "flop flop" répète la grand voile

Il pleut. Je suis trempée, j'ai froid et je râle parce que nous n'avançons pas d'une méduse.
Évidement le pilote automatique raymarine non plus n'aime pas la pluie et le vent faible.
- "bip bip bip bip" râle-t-il pour annoncer qu'il ne bosse plus.
- "flop flop" se plaint la grand-voile qui se sent inutile.

Le pilote NKE soigneusement rangé pour le garder tout frais tout neuf pour la traverser de l'Atlantique, je débranche raymarine, et prends à la barre. De toute façon je suis déjà trempée, et je n'ai beaucoup d'options alors je me dis "ce n'est que de l'eau et a le mérite d'être allégée en sel ".

- "Flooooop flop" insiste la grand voile.
- "C'est bon, j'ai compris la GV! moi non plus je ne me sens pas très utile, alors prends sur toi!"
- "flop" me dit l'insolente.

Insolente, car dans ce dernier "flop", la GV a dépassé les bornes en me faisant une farce.
Alors que la pluie s'est calmée, je me reprends une averse. C'est exactement la même sensation, quand, à terre, après une averse, on marche sous un arbre dont les branches sont encore pleines d'eau. Un souffle de vent, juste au moment où vous passer sous l'arbre. Les branches bougent un peu. Juste un peu. Juste ce qu'il faut pour que l'eau des branches vous tombe sur la tête! Et voilà, vous êtes trempés. Et bien c'est pareil. La gv a secoué ses branches et hop. Je me suis pris toute l'eau sur la figure!
Mais... même pas mal, j'étais déjà trempée.

La pluie revient, plus forte qu'avant. J'entends le tonnerre, et je vois les éclairs en lumière diffuse dans les nuages un peu plus au Sud Est. C'est impressionnant. Le tonnerre raisonne, tout autour de nous. Nous sommes cernés par les éclairs. Il ne manquerait plus que l'on se prenne la foudre!

Accroupie, la main sur la barre, trempée jusqu'aux os, je lève la tête vers le haut du mât, regarde les éclairs, tout autour et réfléchis. Je repense avec affection à mes années de louvettes, à Bruxelles, pendant lesquelles nous mettions des pommes de terre sur le haut de nos tentes, pour nous protéger de la foudre. Mais je n'ai pas de pomme de terre à bord. Je peux éventuellement essayer de monter en haut du mât pour y 'installer' de la purée de pommes de terre en poudre, mais j'ai un doute sur l'efficacité du procédé. Sous la pluie, ce souvenir d'enfance me fait sourire.
Pour ne pas m'endormir à la barre, je chante à voix haute.

Après plusieurs heures de spectacle, le ciel prend enfin la couleur de l'aube.
La délivrance.
Le vent est un peu revenu et je tente d'aller chercher un peu de pression en bordure des nuages, ça fonctionne et je rebranche le pilote qui, après une nuit de repos, est ok pour fonctionner lui aussi.
Je ne suis plus qu'à quelques milles du Cap de Gata. Le bonheur malgré la bruine.



Et le nouveau jeu de la matinée a des airs de problèmes mathématiques. Voici l'énoncé.
Sachant que la terre tourne autour du soleil, que le vent tourne sans logique, que les grains se déplacent, que la houle nous pousse vers l'Ouest, que nous voulons aller vers le Sud et que le temps passe à une vitesse supérieure à notre avancée: Où Tara Tari doit-il se placer pour voir le soleil se lever ?

un grain mouvant
hop, hop. Quelques manoeuvres plus tard, nous rendons notre copie.
hum, hum. Quelques minutes, Jupiter, Neptune et Elole vont dévoiler leur verdict.
hé, hé. Soleil dévoilé! Nous avons eu bon :)


Le vent tourne et nous aussi,
Et nous avons vu le soleil.


C'était super beau.

La question que l'on se pose alors, ne doit pas être "que faire, en cas d'orage, pour voir le soleil ?" Mais plutôt "quelle chanson chanter en cas d'orage, pour enfin voir le soleil ?"
Chanter l'orage heureux. Voilà notre méthode.

"L'orage" de Georges Brassens. Une histoire amusante qui m'a permis de tenir toute la nuit. Si vous avez trois minutes, ça vaut le coup d'écouter les paroles.



-"flop, flop" acquiesce la grand voile.
Le vent est retombé.
A 3 milles du Cap de Gata.

Capucine

petite annonce

En mer. Nuit du 10 au 11 mars. A 20 milles du Cap de Gata.

Avec Tara Tari, nous avons été très sensibles à la gentillesse d'un cargo qui, à 4 milles des côtes, et alors qu'il faisait route vers le port commercial de Carboneras, a changé sa trajectoire pour nous. Il a fait un petit arc de cercle autour de nous en gardant une bonne distance, et a repris sa route.

Alors, voilà, cette petite annonce pour lui dire "merci"*
Je n'ai ni son nom ni son numéro MMSI, mais j'ai pu le prendre en photo.
J'imagine qu'il se reconnaîtra.


Parfois les cargos s'échouent sur les plages bretonnes, font de la peinture à l'huile sur la mer, peignent en noir les marées... Mais parfois aussi, les cargos sont nos amis. Au milieu des océans, les cargos peuvent parfois offrir eau et nourriture aux voiliers à sec, ou porter secours aux marins solitaires qui ont des petits soucis. Je ne dis pas cela parce que j'ai des amis dans la mar-mar (marine marchande) mais parce que cette nuit j'ai croisé un cargo super top.

Capucine


* Les équipages rencontrés à Garrucha sont majoritairement Philippins, alors si quelqu'un sait comment on dit "merci" en philippin, ça m'intéresse.

mardi 20 mars 2012

Une pointe de romantisme

( Garrucha - en mer - Garrucha again ) x 6
Je vous laisse faire le calcul. Vous avez 1 mois.

Après ma première arrivée à Garrucha, et après un peu de repos, je suis allée dans le seul café des environs qui a une connexion internet (+ une prise électrique) et j'ai regardé mes e-mails. Parmi les courriers rangés dans la catégorie "indésirables", il y avait un mail d'Emma d'Air Caraïbes. Objet du mail: "pour la Saint Valentin, faites-lui plaisir". Tout un programme.

Des offres de billets d'avion "Partez avec votre moitié" en direction des Antilles pour quelques centaines d'euros et quelques heures de vol - seulement. Les Antilles. Là où - il y a quelques mois - nous pensions pouvoir être dès le mois de mars. Or nous sommes en mars, et nous sommes à Garrucha.
Ou Emma d'Air Caraïbes a le sens de l'humour, ou elle se moque de nous.
J'ai parcouru les offres, rien n'indique que la moitié ne peut être un petit voilier de pêche du Bangladesh fabriqué avec de la fibre de jute. Mais bon, partir en avion, ce serait un peu trop facile. Pour être 24h/24h avec lui depuis plus de 4 mois maintenant, voire 7 mois si je compte les mois en chantier, je peux affirmer que Tara Tari n'est pas du genre à aimer la facilité.
"Message supprimé". Sans état d'âme.

Pour tout vous dire, avec TaraTari, le 14 février - journée mondialement commerciale des amoureux - nous étions à Aguilas et préparions la nav' suivante, bien loin des petits coeurs roses et rouges des vitrines. Comme toujours avant de partir en mer; je note dans mon petit cahier la position des ports, abris possibles jusqu'à Gibraltar, la position des phares et la cadence des feux de chacun et le briefing météo de Bernard, mon routeur Greatcircle. Sur la carte je remarque la Punta de la Media Naranja (Pointe de la moitié d'orange).


Mais qu'est ce qu'il peut bien se passer dans la tête des gens qui donnent les noms aux pointes, au cap et autres cailloux de la côte ?!
Punta de la Media Naranja.
Pointe de romantisme.
Surtout que nous devons la passer le 15 février.
Pile dans le thème de la Saint Valentin.

Punta de la Media Naranja
Mais Tara Tari & moi vivons bien loin du calendrier des dates imposées.*
La preuve ?
Plus de 12 passages.

Nous avons à notre actif, plus de 12 passages de la Punta Media Naranja en moins d'un mois.

De jour,
de nuit,
sous le soleil,
sous la pluie,
par vent d'Est,
de Sud Est,
de Nord Est.
Avec 0 noeud de vent,
avec 5 noeuds de vent,
avec 15 noeuds de vent,
avec 25 noeuds de vent,
avec 35 noeuds de vent,
à 1 mille nautique de la côte,
à 1,5 mille nautique de la côte,
A 2 milles nautiques de la côte,
A 3 milles nautiques de la côte.
Par mer plate,
par mer peu agitée,
par mer agitée,
par mer très agitée.
Avec des bottes,
avec les pieds nus.
Au milieu des pêcheurs,
à babord d'un cargo,
à tribord d'un cargo.
Avec capuche,
sans capuche.
Avec bonnet,
sans bonnet.
A babord d'une tortue,
à tribord d'une méduse.
Avec les deux voiles,
avec 1 ris dans la grand-voile,
avec 2 ris dans la grand-voile,
sans la grand-voile.
Avec le foc tout seul,
avec un ris dans le foc tout seul.
En me tordant la cheville,
sans me tordre la cheville,
Dans un sens,
dans l'autre,
au travers,
au près,
au portant.
En me coupant le pouce,
sans me couper le pouce,
En mangeant une orange,
en mangeant des noisettes,
sans manger du tout.
Avec le sourire,
sans le sourire.
énième passage de la Punta Media Naranja - énième retour vers Garrucha
C'est très sincère.
Avec Tara Tari, ma petite moitié d'orange à moi, nous pensons que la Saint Valentin doit se fêter tous les jours et par tous les temps. Nous allons continuer à passer la Pointe de la moitié d'orange tous les jours. Pour vous le prouver. Et aussi un peu pour tenter de réussir à passer ce cher et tendre Cap de Gata.
Vive les oranges.
Capucine


* à l'exception de la Journée Mondiale de la Fenêtre Ouverte

ps: si quelqu'un pouvait demander à Emma d'Air Caraïbes, s'il existe un vol Garrucha - Les Antilles, pour deux, ça m'intéresse. Peut-être faudra-t-il lui préciser qu'une des deux moitiés est un petit voilier.

dimanche 18 mars 2012

Because I am a Girl

Journée des filles, je ne sais plus quel jour.

Avec les filles du milieu de la course au large, nous formons une belle équipe, connue sous le nom de "Aux filles de l'eau", et participons à différentes épreuves sportives en portant les couleurs d'associations qui ont besoin de soutien et de visibilité. Le plus souvent, nous naviguons pour le programme "Because I Am a Girl" de l'ONG Plan. Ce programme vise à défendre et faire respecter les droits des petites filles du monde. Car dans beaucoup d'endroits où la vie est dure, les petites filles sont encore moins bien loties que les petits garçons. L'action de l'association Plan est belle et mérite d'être soutenue, par le biais de dons ou de parrainages.

en espérant que ce soit en mieux... ;-)
Début Mars, les filles de l'eau participaient à la Women Cup, une régate féminine en J80 pour soutenir le programme "Because I am a Girl". L'année dernière, malgré mon hospitalisation et le fauteuil, j'étais allée à Pornichet, pour encourager les copines. C'était ma première sortie, parce que je trouvais que c'était important de se mobiliser ainsi, entre filles, pour des petites filles, et aussi parce que cela me changeait les idées à un moment assez compliqué à vivre pour moi. J'avais pu venir grâce à Sam Davies qui a su trouver les mots, grâce à Ronan Deshayes, qui a fait taxi de Kerpape à Pornichet, et grâce à Sandrine Bertho qui a pris soin de moi tout le week-end et m'a redéposée à Kerpape. Ce week end de mars 2011, je ne suis pas prête de l'oublier. Enfin voilà, tout cela, c'était il y a un an et jamais je n'aurais cru être en état de vivre mon aventure un an plus tard. Mais j'y suis parvenue, et du fin fond de l'Andalousie, bien loin de Pornichet, j'ai passé mon week end au couleur de Because I am a Girl, comme pour soutenir à distance les copines qui formaient deux équipages à Pornichet, et aussi parce qu'à bord de Tara Tari, petit voilier de pêche du Bangladesh, je suis contente de porter les couleurs du programme "Because I am a Girl".

à bord de Tara Tari, mars 2012
Pour soutenir l'action de Plan, vous pouvez aller sur le site www.droitsdesfilles.fr et acheter ce t-shirt rose ou autres petits objets, vous pouvez aussi faire un don à l'association, ou encore mieux, parrainer une petite fille. La démarche est simple et chouette.


J'ai passé beaucoup de temps au Burkina Faso, construit une école là-bas et je sais que l'accès à l'école est toujours plus compliqué pour les petites filles. Bien que des efforts soient sans cesse fait pour donner des chances d'avenir aux petites filles, les petits garçons sont souvent prioritaires pour l'éducation et les loisirs. Voici une photo que j'avais faite dans ma petite école de brousse au Burkina Faso (rien à voir avec Plan) mais, j'ai re-regardé une photo histoire de voir si cette réalité était vraie dans cet endroit que je porte dans mon coeur. Il s'agit de la petite ardoise de présence de la classe de CE1, une journée de juin 2005. C'est plutôt pas mal. Mais dans beaucoup d'endroits, ce n'est pas ça.



Alors voili, ce petit mot pour encourager tout le monde à soutenir le programme "Because I am a Girl" et aussi pour dire aux copines que je suis à fond avec vous, notamment dans votre prochain défi : "Glisse en coeur".

24h de ski non-stop et de collecte de dons au profit d'une autre bonne cause... Toutes les infos sur la page facebook des Filles de l'eau ici

Allez les filles! On farte les skis et go!
je suis loin, mais de tout coeur avec vous,

Capucine