Lanzarote. juin 2012.
Lanzarote est une île désertique et volcanique. Après avoir gouté à la réflexion en pleine mer, je ne pouvais espérer plus bel écrin qu'un volcan pour prendre le temps de réfléchir à terre. Je pars donc, non pas en mer mais en terre.
ici, dans ce volcan.
- il est éteint je vous rassure.
Je pars avec de l'eau et mon couteau suisse, et de quoi me couvrir.
sans livre, ni aucune autre source de déconcentration.
il n'y a ici, que de la lave séchée, du sable volcanique et des couleurs qui se ressemblent,
et le silence.
à bientôt,
capucine
C'est l'histoire d'une jeune femme et d'un joli petit bateau. Ensemble, ils se sont soignés et ont décidé de partir s'amuser et voyager. Suivez les aventures Capucine et Tara Tari! Tout au long de son périple, Capucine Trochet va à la rencontre des personnes et des cultures, apporte son témoignage, apprend de ces échanges. Elle partage son expérience, sa simplicité et son idée que le bien-être est accessible à celui qui veut bien comprendre et prendre le temps.
vendredi 8 juin 2012
TaraTari ambassadeur de la journée mondiale des océans, au Port Calero
le 8 juin 2012. Lanzarote.
Le Port Calero - où TaraTari et moi nous trouvons actuellement- nous a fait le plaisir de choisir Tara Tari et mon aventure comme 'ambassadeurs' de cette journée dédiée aux océans. Et afin de réfléchir sur la thématique "océans et environnement", j'ai du écrire quelques lignes, disponibles en espagnol et en anglais sur le site du port et en français sur ce blog.
Texte à lire en Espagnol ici : dia mundial de los oceanos - Tara Tari - Capucine Trochet
Texte à lire en Anglais, ici : world oceans day - Tara Tari - Capucine Trochet
*
L’océan est notre
avenir, il faut en prendre soin comme on prendrait soin d’un grand trésor ou
d’une personne que l’on aime. Depuis 7 mois, je vis une belle aventure à bord
de Tara Tari, petit voilier de pêche du Bangladesh qui à la particularité d'être le premier
voilier fabriqué avec de la fibre de jute et des matériaux recyclés. En mer, de
France jusqu’à l’île de Lanzarote, j’ai avancé doucement, avec le vent et sans
moteur, en vivant au plus proche de l’Océan. Et tous les jours je me suis appliquée et m’applique encore à
l’écouter pour le comprendre mieux. Chercher à comprendre l'autre est un premier pas vers le respect.
L’Océan est vivant et comme chacun de nous,
il a besoin d’affection. Il y a des petits gestes simples, que nous pouvons
tous faire et qui sont de grandes marques d’affection : en ramassant les
déchets échoués sur les plage lors d’une promenade, en utilisant un panier et
non pas de sacs en plastique pour faire ses courses par exemple : car si
un sac plastique flotte dans l’eau, les tortues et les dauphins le prennent
pour une méduse, le mangent et ils en meurt. C’est une réalité qui fait mal
au cœur et pourtant nous ne faisons pas encore assez d'efforts pour améliorer
les choses. Au large, j’ai été bien triste de voir tant de déchets
flotter : c’est pire que ce que j’imaginais. Nous devons prendre soin de
l’océan pour de vrai : le couvrir d’affection et non plus de déchets.
Tara Tari est un tout petit bateau, et je n’ai donc pas beaucoup de place à
bord. Je ne vis qu’avec l’essentiel, qu’avec ce qui est vraiment nécessaire.
Pas de gadget, pas d’emballage superflu, pas d’objets en double: juste
l’essentiel. Je n’ai à bord ni télévision ni musique mais j’ai des livres et
des crayons pour écrire et dessiner et un harmonica aussi. Cela redonne de l’espace à l’imagination, permet un peu plus de créativité. Grâce à mon aventure, j’ai aussi pris conscience que l’on n’a
vraiment pas besoin de beaucoup pour vivre bien: il faut faire simple. Réduire nos
achats et nos consommations, oublier les modes et revenir aux sources : boire plus d’eau douce,
manger des fruits et des légumes de saison cultivés près de chez nous, lire des livres… Ce mode de vie que
l’on appelle la simplicité volontaire est une voie d’accès
vers le bien être, et en plus il permet d'être plus respectueux de l’environnement.
Tara Tari est ma petite
planète et je dois veiller à mes ressources à bord, pour que l’aventure puisse
durer dans le temps, tout en respectant l’Océan. Si mes choix de vie sont considérés un peu extrêmes par le manque de confort et par cette simplicité recherchée, chacun de nous devrions considérer nos maisons comme de petits bateaux aux ressources limitées: aussi bien en énergie, en eau potable ou en gadgets de divertissement. Il faut prendre plus de temps pour réfléchir à tout cela, pour comprendre l'importance et l'urgence de changer certains de nos comportements. Je pense que prendre soin de la nature doit être et devrait être la grande aventure de nos vies.
Journée mondiale de l'océan
le 8 juin 2012. Lanzarote.
C'est aujourd'hui, la journée de "l'océan"... mais comme pour le reste, cela devrait être tous les jours.
Un peu partout, des associations et des institutions vont lancer de belles initiatives pour mieux connaître la mer, pour apprendre à la respecter. C'est important, l'action. Aujourd'hui aussi, nous pourrions prendre le temps de réfléchir. A l'avenir, à ce qu'il pourrait être si nous ne faisons pas plus attention. La prise de conscience passe aussi par la réflexion, afin d'être individuellement bien convaincu de l'importance d'entreprendre des actions durables. Bien qu'elles soient encore vraiment nécessaires, je suis certaine que si nous prenions tous un peu plus de temps pour y penser, nous n'aurions plus besoin de tant de campagnes de sensibilisation.
En plus des bonnes actions qui seront faites aujourd'hui, j'espère que chacun essaiera de prendre quelques instants, en silence et si possible au silence, pour réfléchir.
Bonne journée à tous les océans,
capucine
C'est aujourd'hui, la journée de "l'océan"... mais comme pour le reste, cela devrait être tous les jours.
Un peu partout, des associations et des institutions vont lancer de belles initiatives pour mieux connaître la mer, pour apprendre à la respecter. C'est important, l'action. Aujourd'hui aussi, nous pourrions prendre le temps de réfléchir. A l'avenir, à ce qu'il pourrait être si nous ne faisons pas plus attention. La prise de conscience passe aussi par la réflexion, afin d'être individuellement bien convaincu de l'importance d'entreprendre des actions durables. Bien qu'elles soient encore vraiment nécessaires, je suis certaine que si nous prenions tous un peu plus de temps pour y penser, nous n'aurions plus besoin de tant de campagnes de sensibilisation.
En plus des bonnes actions qui seront faites aujourd'hui, j'espère que chacun essaiera de prendre quelques instants, en silence et si possible au silence, pour réfléchir.
Bonne journée à tous les océans,
capucine
mercredi 6 juin 2012
et j'ai surfé à Famara
Lanzarote. mai & juin 2012.
Session surf.
Je suis une snowboardeuse mais pas une surfeuse, pourtant ce matin, à bord de Tara Tari, je me suis réveillée en écoutant une musique CLIQUER ICI POUR ECOUTER LA MUSIQUE DU REVEIL ça m'a donné la pêche: ALORS à grande forme grande résolution:
Direction le nord ouest de l'île: Let's go surfin'!
Ici sur l'île de Lanzarote,
il y a un spot. Il s'appelle Famara.
Déjà, la route, pour venir jusqu'ici, elle plante le décor. C'est comme dans les magazines, elle te vend du rêve: le désert qui tombe
dans la mer, le moulin à vent qui ne marche plus mais qui est là parce
que c'est le spirit, le sable que le vent a soufflé sur la route, le drapeau qui reste rouge
365 jours par an, le Mitch Buchannon local est là dans sa cabane en bois, avec sa planche, sa
bouée de sauvetage rouge, ses abdos, et son 4x4 jaune. Et puis il y a les vagues. Tu les vois de loin, les vagues de Famara.
Mais quand tu arrives à Famara, avant de sortir ta planche, tu t'approches de la mer, et tu regardes les vagues. Enfin, c'est comme ça qu'ils font ici, les 'vrais'. A côté de moi, deux surfeurs. Ils se tiennent debout, les bras croisés genre les mains sous l'aisselle opposée, ils froncent légèrement les sourcils, et regardent la mer en silence. Ils regardent la mer. Ils regardent la mer. L'un d'eux bouge un peu son pied dans sa tong mais ils continuent: ils regardent la mer. Et puis tout d'un coup, après peut-être 25 minutes d'observation de la mer, après trois clignements de paupières et après quatre remuages d'orteils gauches, l'un des deux gars regarde l'autre et lui dit avec une voix super zen mais toujours sans sourire et fronçant toujours un peu les sourcils, une phrase très éloquente :
- " 6'2"."
- "grave" répond l'autre.
Les gars bougent et moi je file au surfshop, dans ce petit bled-là -Caleta Famara- du côté ouest de la plage.
J'arrive au surfshop.
Là, le gars est entrain de se rouler sa cigarette.
Ambiance tong, short long et petit t-shirt qui va bien.
Il me regarde : 'surfing?"
je ne réponds pas, mais je souris, genre "yes man".
Et là, les choses se compliquent.
Il me regarde et me dit
- " 6'4" ?"
je fais genre celle qui sait de quoi elle parle:
- " les gars parlaient de 6'2" "
- " ouai, mais j'ai regardé ce matin, franchement je pense qu'un 6'4", c'est pas plus mal"
- " je vais partir sur un 6'6", si ça t'as ça...?"
- "yes, my friend" me dit-il en me tendant la board. "bon trip!" me dit-il encore.
Me v'là donc avec ma 6'6" sous le bras, devant les vagues de Famara.
Et quelque chose me dit que ça ne va pas être triste cette histoire.
Les deux gars arrivés sur zone en même temps que moi et sont là, eux aussi.
Ils ont leurs shortboards posées sur le sable et commencent les étirements.
En fait, ils étirent surtout les paupières en regardant "elle ": la fille qui était déjà en train de s'étirer quand on regardait tous la mer, il y a une heure maintenant.
En même temps, c'est important les étirements, avant d'aller surfer.
Et quand tu es une fille, visiblement, il faut s'étirer avec la combinaison à moitié enfilée. Toutes les autres filles de la plage - elles sont 2 - ont la combi à moitié enfilée quand les gars - ils sont 26- eux, moulent leurs pecs dans le néoprène noir. Va savoir pourquoi.
Il n'y a personne sur la plage de Famara.
Enfin, si: des surfeurs et deux surfeuses.
Les vagues appellent les planches.
C'est le perfect moment.
A l'eau.
Enfin, "à l'eau", c'est vite dit: déjà parce qu'avec une planche sous le bras, et bien c'est pas si facile d'avoir le style en allant dans l'eau. Plus t'es nul en surf, plus ta planche est longue, et plus ta planche est longue et plus la prise au vent est grande.... donc en gros: j'essaie de marcher tranquille vers l'eau et là, une rafale et hop là, un petit pas vers la droite et un autre en arrière... je pivote comme un girouette. - trop pas le style.
J'ai réussi à stabiliser ma planche sous le bras en avançant face au vent, mais il y a un autre problème: le sable et les galets sont si chauds que je me brûle les pieds. J'ai envie de sautiller. Mais sautiller, ça ne va pas non plus avec le style. Faut être zen, ou en tout cas en avoir l'air. Alors, je me pince les lèvres: "même pas mal", je marche du mieux que je peux avec ma planche sous le bras et avec les pieds qui me brûlent. Pas simple d'avoir le style, même pour se mettre à l'eau. Mais Gaia, ma bonne copine surfeuse & Italienne (> ça c'est +10 pour le style ;) m'a bien dit: "en surf, le truc, c'est le style". Pff. désolée Gaia: question style, j'ai fait ce que je pouvais, mais j'ai un doute sur le rendu.
Je suis désormais dans l'eau, je m'allonge sur la planche et je rame avec les bras.
Je ne risque pas de gêner les pros parce que je pars là où les vagues sont plus petites, là où il y a d'autres gens qui apprennent.
je rame, je rame, je rame...
A bord de Tara Tari, les vagues, tu t'en prends un peu dans la figure, mais là, c'est carrément un détartrage complet de la tête! ça fait du bien.
Une vague arrive et je me place, je rame en accélérant et hop, j'essaie de 1) me mettre debout, 2) tenir debout, 3) ne pas trop boire la tasse quand je tombe 4) de ne pas me prendre la planche sur la tête. Pfiou: 1) je ne me suis pas mise debout, 2) je n'ai donc pas tenu debout, 3) j'ai pris plein d'eau dans le nez, 4) même pas pris la planche sur la tête. - trop forte.
Il y a un an, je ne marchais plus et là j'essaie de me mettre debout sur la planche, et ça me fait assez mal. j'essaie encore, mais je ne peux pas m'appuyer sur les genoux, "Allez, les jambes! on y va, là!"
Nouvelle vague: nickel: 1)je me mets debout, 2) j'ai tenu quelques secondes, 3) même pas bu la tasse, 4) toujours pas pris la planche sur la tête.... - je me fais plaisir, je m'éclate, même.
En 4 heures de "surf", j'ai 'vraiment' surfé que quelques minutes mais je suis super fière de ma perf'.
Such a good vibration :)
Sur la plage, j'enlève la combinaison néoprène. Je pense sincèrement que retirer une combinaison néoprène mouillée est un acte super anti-glamour. Il y en a qui font ça avec du style. Moi j'ai juste galéré à faire passer la combi bloquée sur mon pied droit plein de sable. Passons.
j'ai réussi à surfer - sans le style et sans le talent - mais j'ai réussi et je suis super fière de mes jambes opérées et du chemin parcouru en un an! Merci à mes nouveaux potes pour les cours! nous avons bien rigolé et puis maintenant moi aussi je peux faire ma crâneuse en disant " j'ai surfé à Famara ".
Quant au surf, si vous voulez voir de VRAIS surfeurs, filez viiiite voir ou/et revoir les superbes images d'Aurel, Ewen et Ronan lors de leur trip surf & survie sur une île déserte : Des Iles Usions.
Malheureusement mes jambes ne vont pas si bien.... alors fini le surf pour le moment.
Capucine
Session surf.
![]() |
Direction le nord ouest de l'île: Let's go surfin'!
Ici sur l'île de Lanzarote,
il y a un spot. Il s'appelle Famara.
![]() |
| il paraît que la couleur du drapeau n'a pas été changée depuis 1974 |
![]() |
- " 6'2"."
- "grave" répond l'autre.
Les gars bougent et moi je file au surfshop, dans ce petit bled-là -Caleta Famara- du côté ouest de la plage.
![]() |
| Caleta Famara, le village des surfeurs de l'île |
Là, le gars est entrain de se rouler sa cigarette.
Ambiance tong, short long et petit t-shirt qui va bien.
Il me regarde : 'surfing?"
je ne réponds pas, mais je souris, genre "yes man".
Et là, les choses se compliquent.
Il me regarde et me dit
- " 6'4" ?"
je fais genre celle qui sait de quoi elle parle:
- " les gars parlaient de 6'2" "
- " ouai, mais j'ai regardé ce matin, franchement je pense qu'un 6'4", c'est pas plus mal"
- " je vais partir sur un 6'6", si ça t'as ça...?"
- "yes, my friend" me dit-il en me tendant la board. "bon trip!" me dit-il encore.
![]() |
| pas trop loin de Mitch: on ne sait jamais. |
Et quelque chose me dit que ça ne va pas être triste cette histoire.
Les deux gars arrivés sur zone en même temps que moi et sont là, eux aussi.
Ils ont leurs shortboards posées sur le sable et commencent les étirements.
En fait, ils étirent surtout les paupières en regardant "elle ": la fille qui était déjà en train de s'étirer quand on regardait tous la mer, il y a une heure maintenant.
En même temps, c'est important les étirements, avant d'aller surfer.
Et quand tu es une fille, visiblement, il faut s'étirer avec la combinaison à moitié enfilée. Toutes les autres filles de la plage - elles sont 2 - ont la combi à moitié enfilée quand les gars - ils sont 26- eux, moulent leurs pecs dans le néoprène noir. Va savoir pourquoi.
Il n'y a personne sur la plage de Famara.
Enfin, si: des surfeurs et deux surfeuses.
Les vagues appellent les planches.
C'est le perfect moment.
A l'eau.
Enfin, "à l'eau", c'est vite dit: déjà parce qu'avec une planche sous le bras, et bien c'est pas si facile d'avoir le style en allant dans l'eau. Plus t'es nul en surf, plus ta planche est longue, et plus ta planche est longue et plus la prise au vent est grande.... donc en gros: j'essaie de marcher tranquille vers l'eau et là, une rafale et hop là, un petit pas vers la droite et un autre en arrière... je pivote comme un girouette. - trop pas le style.
J'ai réussi à stabiliser ma planche sous le bras en avançant face au vent, mais il y a un autre problème: le sable et les galets sont si chauds que je me brûle les pieds. J'ai envie de sautiller. Mais sautiller, ça ne va pas non plus avec le style. Faut être zen, ou en tout cas en avoir l'air. Alors, je me pince les lèvres: "même pas mal", je marche du mieux que je peux avec ma planche sous le bras et avec les pieds qui me brûlent. Pas simple d'avoir le style, même pour se mettre à l'eau. Mais Gaia, ma bonne copine surfeuse & Italienne (> ça c'est +10 pour le style ;) m'a bien dit: "en surf, le truc, c'est le style". Pff. désolée Gaia: question style, j'ai fait ce que je pouvais, mais j'ai un doute sur le rendu.
Je suis désormais dans l'eau, je m'allonge sur la planche et je rame avec les bras.
Je ne risque pas de gêner les pros parce que je pars là où les vagues sont plus petites, là où il y a d'autres gens qui apprennent.
je rame, je rame, je rame...
A bord de Tara Tari, les vagues, tu t'en prends un peu dans la figure, mais là, c'est carrément un détartrage complet de la tête! ça fait du bien.
Une vague arrive et je me place, je rame en accélérant et hop, j'essaie de 1) me mettre debout, 2) tenir debout, 3) ne pas trop boire la tasse quand je tombe 4) de ne pas me prendre la planche sur la tête. Pfiou: 1) je ne me suis pas mise debout, 2) je n'ai donc pas tenu debout, 3) j'ai pris plein d'eau dans le nez, 4) même pas pris la planche sur la tête. - trop forte.
Il y a un an, je ne marchais plus et là j'essaie de me mettre debout sur la planche, et ça me fait assez mal. j'essaie encore, mais je ne peux pas m'appuyer sur les genoux, "Allez, les jambes! on y va, là!"
Nouvelle vague: nickel: 1)je me mets debout, 2) j'ai tenu quelques secondes, 3) même pas bu la tasse, 4) toujours pas pris la planche sur la tête.... - je me fais plaisir, je m'éclate, même.
En 4 heures de "surf", j'ai 'vraiment' surfé que quelques minutes mais je suis super fière de ma perf'.
Such a good vibration :)
Sur la plage, j'enlève la combinaison néoprène. Je pense sincèrement que retirer une combinaison néoprène mouillée est un acte super anti-glamour. Il y en a qui font ça avec du style. Moi j'ai juste galéré à faire passer la combi bloquée sur mon pied droit plein de sable. Passons.
j'ai réussi à surfer - sans le style et sans le talent - mais j'ai réussi et je suis super fière de mes jambes opérées et du chemin parcouru en un an! Merci à mes nouveaux potes pour les cours! nous avons bien rigolé et puis maintenant moi aussi je peux faire ma crâneuse en disant " j'ai surfé à Famara ".
Quant au surf, si vous voulez voir de VRAIS surfeurs, filez viiiite voir ou/et revoir les superbes images d'Aurel, Ewen et Ronan lors de leur trip surf & survie sur une île déserte : Des Iles Usions.
Malheureusement mes jambes ne vont pas si bien.... alors fini le surf pour le moment.
Capucine
mardi 5 juin 2012
un peu dans la lune
Ou "Comment devenir incollable au Trivial Poursuite spécial Lanzarote..."
Lanzarote. mai 2012.
N29°02' W13°37'
C'est au petit matin qu'avec Tara Tari nous sommes arrivés sur l'île de Lanzarote, dans l'archipel des Canaries. Je n'avais jamais été ici et en approchant de l'île, le spectacle a été assez fabuleux. Il faut dire que revoir la terre après ces onze jours assez durs en mer avait quelque chose d'assez agréable, mais là, la vue des des volcans et des déserts ont donné un petit côté magique à la chose. Lanzarote est une réserve de la Biosphère. Un trésor de la Nature, un petit bout de la Terre à son état originel, une île volcanique encore respectée par l'Homme.
La fatigue, l'ivresse de la mer; c'est peut-être parce que je flottais un peu en atterrissant que ma première impression, en arrivant ici, était d'arriver sur la lune. Alors j'ai souhaité en savoir un peu plus sur cette île au trésor, enfin, sur ce trésor d'île.
L'île est située à l'Est de l'Archipel des Canaries, qui regroupe sept îles qui ne se ressemblent paraît-il pas vraiment. L'archipel des Canaries appartient à l'Espagne, et avec TaraTari nous nous trouvons actuellement à 1000 km de la péninsule espagnole et à seulement 140km de l'Afrique. En face, à l'Est, c'est le vrai grand désert du Sahara et cela me fascine aussi. Lanzarote est dite "île en noir et blanc", parce que la lave noire contraste avec les déserts de sables fins, ou peut-être parce que par endroit, une sorte de lichen a recouvert les blocs de lave. Le lichen ne pousse pas que sur le bois mort de nos forêts, il existe un lichen crustacé qui colonise les rochers en bordure de mer; et je constate qu'il se développe aussi sur la lave séchée.
Bien que les volcans soient la particularité de l'île, Lanzarote n'est pas le nom d'un volcan mais viendrait de celui du marin italien Lanzarotus Marocelus, venu sur l'île au XIVè siècle.
Ici, les volcans ont été en super activité au XVIII è siècle et la lave a recouvert une immense partie de la superficie de l'île, grande de 845, 94 m2. Depuis, c'est plutôt tranquilou, mais il y a encore des endroits, notamment dans le parc national de Timanfaya, où des barbecues naturels rappellent qu'il fait bien chaud au coeur de notre planète - enfin, si j'en crois la semelle d'une de mes chaussures qui a failli fondre. Le XVIIIè siècle, d'un point de vue géologique, c'est assez récent, et devant cette mer de lave qui se perd dans l'océan, je me prends à imaginer tous ces volcans rugir. L'année dernière, El Hierro, une autre île de l'archipel n'a rien eu à imaginer puisque une éruption a tout enseveli. Autre témoignage de la nature qui rappelle à quel point nous, les hommes, nous sommes si petits devant Elle. Je suis restée quelques heures assise devant cette autre mer. Quelle grandeur.
Cette univers volcanique semble avoir laissé peu de place à la vie. Et pourtant la vie s'est -comme bien souvent- adaptée. Des hommes les "mahoreros", vivaient là il y a deux millénaires. On dit qu'ils faisaient partie du peuple Guanches... Depuis deux millénaires sur une île?! C'est impressionnant, et je me suis donc demandé "Comment sont-ils arrivés ici, ces gens-là?"
Un peu d'Histoire, ça vous dit?
> si ça vous dit, je vous en suis bien reconnaissante et vous souhaite une agréable lecture,
>si ça ne vous dit pas, si vous avez mieux à faire, alors allez directement à la petite étoile *
Selon l'historien espagnol du XVIII ème siècle Juan Núñez de la Peña, les Guanches - de "guan", hommes et "chinet", de Tenerife - ce peuple serait donc originaire de l'île de Tenerife mais étendu aux premiers hommes de toute l'archipel. Ce qui est certain, c'est que ces hommes, les "mahoreros" guanches, étaient des Amazighes, branche du peuple Berbère (et même Paléoberbère, si vous voulez tout savoir). Le nom originel de Lanzarote, Tyterogaka, signifie « La Brûlée » en langage Touareg.
Les historiens rapportent qu'à l'époque de l'ancienne Egypte, les Berbères, après avoir peuplé une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, traversèrent cette partie de l'océan et arrivèrent dans l'archipel. Lanzarote étant (si on ne compte pas le Roque del Este qui n'est pas peuplé) l'île la plus proche de l'Afrique. Cette arrivée sur l'île daterait de plusieurs siècles avant notre ère...! Aujourd'hui, il est difficile de savoir "comment" ils ont navigué jusqu'ici, mais la question m’intéresse et je me renseigne auprès d'historiens. L'origine de leur arrivée n'est pas encore bien connue et laisse donc imaginer d'autres possibilités: le peuplement de l'île pourrait remonter à l'époque de Cro Magnon et pas besoin d'être historien pour comprendre que cela ne daterait donc pas d'hier.
Les Phéniciens vinrent ici chercher de la teinture rouge présente sur les roches situées au nord de l'île. Mais le premier vrai "voyage" connu vers l'île est le celui du navigateur explorateur Carthagénois Hannon entre -630 et -425 avant notre ère. Hannon cherchait de nouvelles routes commerciales et est 'tombé' sur une île déserte mais qui avait cependant des ruines. De son passage sur l'île, on a retrouvé des morceaux de poterie et des petits trucs du genre. Le second voyage connu est celui réalisé pour le roi Berbère de Mauritanie Juba II, qui voulait lui effectuer un recensement de la faune et de la flore... c'était au 1er siècle de notre ère. Des fouilles archéologiques sont en cours sur l'île, pour essayer de vérifier par des traces de l'Histoire, si les "mahoreros" guanches étaient ou non, les premiers habitants des îles Canaries. Les mahoreros habitaient dans des grottes et des huttes de pierres recouvertes de peaux de bêtes, et vivaient d'élevage, de cueillette de fruits et de coquillages. Ils ne savaient pas naviguer mais arrivaient à se nourrir de pêche et de viande de chèvres. L'agriculture était très limitée car l'île n'était pas le paradis de la culture, mais les historiens rapportent que leur vie -d'après les gravures peintes dans les grottes- était plutôt paisible.
![]() |
| pour ceux qui veulent apprendre l'alphabet Guanches de Lanzarote |
Tout cela me fait penser à quelque chose: Avez-vous lu le livre "The Evolution Man" du romancier Roy Lewis ("Pourquoi j'ai mangé mon père" en version Française)? C'est un des livres de ma bibliothèque à bord de TaraTari. Livre à lire. Et à relire pour encore mieux réfléchir.
Quand Lanzarotus Marocelus est venu (au XIVès si vous avez suivi), il y a eu ensuite un va et vient pas possible. On venait chercher esclaves, teintures et peaux... bref 50 ans de razzias qui déclenchèrent le déclin des populations aborigènes - je ne vous félicite pas Monsieur Lanzarotus.
Petite anecdote à noter dans l'Histoire, au milieu de toutes ces guerres il y a eu une histoire d'amour (mon côté fleur bleue): un commandant corsaire de la flotte castillane à fait naufrage sur l'île de Lanzarote après une tempête (quand je vous dis que ça souffle par ici...), c'était en 1337. Le naufragé est reçu par le roi de l'île qui l'invite chez lui et qui l'invite aussi dans le lit de sa femme (non mais oh!?). Du coup on sait comment ça se passe ces choses là: le corsaire et la Reine Fayna ont eu une petite Princesse, Ico, toute blanche et toute blonde, qui a été la mère de Guardafia, dernier roi de Lanzarote.
La fin du peuple aborigène, nous la devons aux mercenaires d'Henri III de Castille, en 1402. Jean de Bethencourt et Gadfier de La Salle voulaient conquérir les îles et comme il ne restait que 300 aborigènes, le massacre a été rapide. Les Espagnols sont devenus les Seigneurs de l'île et ont fait amener des Berbères pour repeupler l'île. Mais Lanzarote étant proche de l'Afrique il n'a pas fallu attendre longtemps pour que les pirates, Berbères et même Européens, tentent de récupérer l'île. Je vous passe les détails, mais tout cela dura pendant des siècles et la population dut retourner vivre dans les grottes (back to the basics, donc) pour se protéger des attaques.
Le 1er septembre 1730, la Nature un peu contrariée par toutes ces petites histoires d'hommes, a décidé de venir mettre un peu d'ordre dans tout cela: ce soir-là, la terre s'ouvrit à Timanfaya et d'immenses coulées de lave vinrent recouvrir l'orgueil humain. Une montagne apparut et redessina l'île. Pendant 6 ans, la lave coula, recouvrit un quart de l'île et la Nature saupoudra le reste de cendres volcaniques. C'est le chaos. Et la famine calma les restes d'ardeurs humaines. En 1842, les éruptions se remirent à surgir à Timanfaya et les hommes restés à Lanzarote finirent par émigrer. Nettoyage fait. Les volcans se calmèrent alors. De nouveaux hommes arrivèrent et décidèrent de protéger et de respecter l'île. Tout a été beaucoup plus zen après, et aujourd'hui la population totale de l'île compte un peu moins de 142 000 habitants. Et quasi tous vivent le plus possible en harmonie avec l'île, ambiance " Surf, Peace & Love", pour la plupart.
![]() |
| petite maison à El Golfo |
Lanzarote a du caractère.
Celui de la Terre.
Et aussi celui de la Mer.
La lave tombe dans la mer. Rencontre entre la Terre et l'Eau, sous le Feu du Soleil et sur le Feu de la Terre, dans l'Air de l'océan. L'origine de la vie.
![]() |
Nous sommes d'accord. C'est grandiose.
A cette latitude, l'île de Lanzarote a un climat subdésertique qui se caractérise par une pluviométrie inférieure à 200 millimètres annuels. :) Le truc qui fait qu'il pleut moins ici qu'ailleurs dans l'archipel, c'est aussi que l'altitude maximale est assez basse, donc les nuages qui passent - parce qu'il y qu'en même des nuages- n'arrivent pas à s'accrocher aux sommets des volcans. L'île culmine en effet à 670 mètres, altitude du sommet de la montagne Peñas del Chache.
![]() |
| Sommet de la montagne Peñas del Chache et vue sur l'île de Graciosa |
Je ne savais pas où j'arrivais et je n'ai pas non plus de guide touristique, mais je suis allée à la rencontre d'îliens, j'ai parlé avec des historiens, des archéologues et même un anthropologue, afin de comprendre un peu l'Histoire de ce bout de terre de l'Atlantique. La rencontre, le partage, apprendre les erreurs du passé pour essayer de ne pas les reproduire... Connaître l'Histoire du lieu permet de pouvoir mieux le respecter. Alors, assise, là-haut près du sommet, je suis restée en silence un bon moment malgré le vent fort et je n'ai fait qu'écouter, regarder et respecter. Un peu ici, un peu ailleurs, un peu sur Terre, un peu dans la lune, je rêve et je pense.
Merci Lanzarote, pour ton accueil et ces belles leçons de respect et de bien-être.
Capucine
lundi 4 juin 2012
salut Jean
Il fait nuit et le vent souffle à Lanzarote. je suis à l'abri dans le bateau.
Et je pense fort à Jean Maurel.
Merci pour nos discussions et pour tes conseils.
merci d'avoir si bien veillé sur tant de marins.
je pense fort à toi et à ta famille,
Repose toi bien maintenant.
capucine
samedi 2 juin 2012
folle nuit et arrivée à Lanzarote
En mer. 20 mai 2012. plus très très loin des îles Canaries... :)
Vous aviez remarqué? Sur la photo de mon plat de pâtes, en regardant un peu plus loin que le fond du sachet, on peut voir que j'ai le pied droit posé sur le 'mur'. Ma chère maman m'a pourtant toujours bien appris à ne pas manger en mettant les pieds sur les murs, mais là honnêtement je n'avais pas beaucoup le choix. C'était ça ou patatras! Car ce que la photo ne dit pas, c'est que là nous avançons à 5,5 noeuds et qu'en plus d'aller super vite, TaraTari fait un peu de oulaoup avec la houle de l'Atlantique. Super pratique pour dîner, je ne vous raconte pas.
La houle n'est donc pas source de grand grand confort à bord. Mais ce qui m'agace un peu dans cette houle, ce n'est pas l'inconfort, c'est qu'en étant si bas sur l'eau, ces collines bleues cachent l'horizon et il est impossible de voir venir quelconque navire! Du coup, c'est un peu tard que l'on voit les cargos surgir. Un peu tard, mais jamais trop tard. En effet, il faut se dire que 1) le cargo voit Tara Tari sur son écran d'ordinateur, 2) avec du vent, nous pouvons manoeuvrer à temps, même tard pour s'éloigner du danger. "Et le Mer Veille ?!" me direz-vous; Ciel et Marine m'avait offert un super Mer Veille, petit boîtier magique qui fait bip quand un bateau approche mais avec mon problème d'énergie, il ne peut pas fonctionner correctement. Alors à bord, en attendant que je règle ce petit souci d'énergie, ce sont les yeux font office de détecteur de radars. Super pratique, je ne vous raconte pas.
Ce soir, par exemple; grand classique : on ne voit rien et puis hop, un porte-conteneurs apparaît à notre arrière bâbord!
Un petit relèvement ou deux et puis on pousse un peu la barre, pour être à 90° de sa route...
Et on reprend notre cap quand tout est ok.
Là, on se dit qu'on a bien fait de s'écarter un peu et on dit au revoir au bateau et à ses petites boîtes.
Occupation relativement fréquente.
21h. Le vent se renforce et nous prenons un deuxième ris. Tara Tari file toujours à 5,5 noeuds et le soleil se couche et c'est encore super joli. Super joli du genre on ne s'en lasse pas. La navigation n'est pas très confortable mais curieusement nous nous y sommes habitués et prenons plutôt du plaisir à aller vite. Parce que 6 noeuds, pour TaraTari c'est plutôt rapide. Belle soirée... peut-être parce que si ça continue comme ça: nous serons arrivés demain.
22h. Nous sommes sur la route mais le vent se renforce et la houle est de plus en plus forte. C'était une bonne idée d'apprécier la soirée parce que la nuit s'annonce assez musclée. On remet cirés, bottes, gilets de sauvetage... les harnais et les longes sont à poste: nous ne les quittons jamais.
23h. Là, l'idée c'est d'arriver à ne pas trop partir au lof, parce que un peu à notre tribord, il y a un caillou qu'il faut éviter. Il s'appelle "Roque del Este" Rocher de l'Est si je traduis, certainement parce que c'est 1) un rocher, 2) il est juste à l'Est de l'archipel des Canaries.
La mission est assez délicate, parce que nous avons réduit la surface des voiles au maximum (sans rien affaler complètement pour autant) et à cause de la houle nous enchaînons les départs au lof. Je suis très attentive à la route, le petit GPS marche à fond. Ce qui est certain, c'est que dans les conditions que nous avons, il est préférable d'aller se mettre à l'abri sous le vent de l'île de Lanzarote et de donc pas aller vers l'île de Graciosa. Mon regard balaie l'horizon à 360°: RAS, j'entre dans le bateau, où Maxime dort plus ou moins et je fais un point sur la carte. Mais assez vite, nous entendons un petit bruit; quelque chose a touché la coque, alors je sors vite voir ce qu'il se passe en pensant que cela a dû être une tortue ou un bout de bois puisque nous avons croisé plusieurs tortues et aussi pas mal de bouts de bois. Je me penche sous le vent et c'est assez acrobatique, car la bôme est très basse et le bruit venait pile de là où c'est super dur de voir, sous la grand voile. J'ai le bras gauche à moitié dans l'eau, penchée pour regarder la coque, quand soudain: 2 feux très nets surgissent entre deux vagues. Je fronce les sourcils: "C'est quoi c'est deux feux alignés? Un voilier?!" Une fraction de seconde plus tard, le temps nécessaire pour que mes yeux se soient ré-habitués à l'obscurité nocturne et là, catastrophe: je distingue parfaitement mais vraiment parfaitement la silhouette noire d'un cargo! Il n'est qu'à quelques mètres de nous, enfin 100 ou 200 mètres peut-être! Je crie à Maxime de sortir: "Max!!! SOOOORS!!!!", mon ton est aussi déterminé que celui des participants de Fortboyard voyant la célèbre clepsydre, horloge à l'eau, venir au bout du temps accordé. c'est dire si je suis determinée. Maxime sors la tête de la descente et pense que mon alerte concerne le bruit que nous avons entendu; il regarde sous la gv comme il peut et voit le cargo de plus en plus proche. Nous nous jetons à l'arrière du bateau, je vire le pilote que nous avions dû amarrer à la barre, et hop nous lofons en grand! En très grand! La mer est bien formée avec une houle pas possible et nous nous prenons des tonnes d'eau sur la figure, mais là dans l'instant on s'en fiche pas mal. Nous n'avons eu le temps de rien, sinon de nous échapper In Extremis. Tout cela se passe en une ou deux petites minutes. Le cargo passe à notre arrière.... et nous soufflons un grand coup! Wouaou..... il s'en est fallu de peu! Nous en rions nerveusement. Et je me dit alors: "Tara Tari a vraiment une bonne étoile! je n'ai pas vu le cargo avant d'entrer faire mon point et sans ce bruit qui n'était autre que TaraTari qui nous disait 'youhou les gars, il se passe quelque chose dehors, faudrait sortir voir si on est bon là?!" .. je soupire de soulagement "Merci Tara Tari....!!!" pfiou. Avec Maxime on se dit aussi que la silouhette du cargo tout proche était exactement comme ces images effrayantes que l'on voit pendant le stage ISAF (c'est un stage de sécurité et de survie en mer). Quelle émotion!!
Il faisait nuit, et nous avions tout de même un peu voire beaucoup plus de distance entre nous, heureusement, mais, pour les émotions cela reviendrait à ça, en admettant que Tara Tari soit le dauphin....
Enfin, peut-être que le cargo avait vu Tara Tari: je me souviens qu'à Valence, les cargos ne modifiaient leur route que d'un ou deux degrés, calculant le strict nécessaire pour passer "à côté". Toujours est-il que vu de Tara Tari, la scène était assez impressionnante.
Le 21 mai. minuit. "Collision évitée de peu. Le vent ne cesse de se renforcer et la houle se creuse: les choses se corsent". C'est la dernière chose que je note dans le petit cahier avant d'ajouter :"Nous voyons les lumières des îles Canaries! Magique!"
3h. C'est bon, nous sommes passés assez loin du rocher à éviter et filons à plus de 6 noeuds vers l'île de Lanzarote. La houle est grosse mais plus longue que les vagues que nous avons eu dans le détroit; mais question confort, ou plutôt d'inconfort, c'est à peu près pareil.
L'idée est d'aller sous le vent de l'île histoire d'arriver quelque part dans des conditions moins musclées. A plusieurs reprises, Tara Tari se couche, se redresse, se re-couche et se re-redresse...
3h30. Nous sommes en plein milieu de cette nuit complètement folle et alors que je suis seule dehors, accrochée à la barre, accrochée au cou de Tara Tari, je tente de suivre au mieux notre route.
La mer est puissante.
Le spectacle qui a commencé dans la soirée donne des frissons. C'est dur pour nous, mais c'est tellement beau. Quel charisme! Ce n'est pas la première fois que cela me fait ça: les conditions pourraient me terrifier et pourtant c'est dans cette mer majestueuse, je savoure mon plaisir d'être au large. C'est grisant. Et voir Tara Tari gérer si bien dans ce vent et cette mer... quel plaisir! Et puis les phares de Lanzarote... ces feux blancs qui percent la nuit si noire. C'est si fort, tout ça. Déjà 11 nuits en mer et cela joue certainement, avec la fatigue et l'ivresse certaine que la mer procure à bord d'un si petit bateau, j'ai l'impression que les sentiments sont démultipliés... j'aime écrire, mais ça, cet étrange sentiment de bien être au large, je ne saurais le décrire.
Pourtant j'aimerais bien réussir à partager ces frissons. Si je n'arrive pas à décrire ce que je vis, je peux en tout cas essayer de vous faire sentir le charisme des éléments et l'ambiance de cette nav', il y a, il me semble, une musique et une voix suffisamment 'puissantes' pour vous mettre dans l'ambiance de cette folle nuit dans l'océan.
> Il faut, avant de cliquer sur le lien, mettre des écouteurs pour n'entendre que cela et mettre le volume à fond, car les vagues font un bruit de dingos. Ensuite il faut continuer à lire ce texte -enfin si ça vous dit toujours- avec cette musique et cette voix en fond sonore et, j'insiste, avec le volume à fond: Organisez-vous et CLIQUER ICI. Puis revenez vite :)
Maxime prend la barre et je me mets à la nav. Sur la carte, nous devons impérativement réussir à rester sous une droite tracée vers un cap de l'île qui une fois passé, nous assurera d'être à l'abri du vent. Derrière ce cap, tout sera plus tranquille, enfin un peu plus tranquille. La houle est impressionnante et le cap (direction) dur à tenir. Plus d'énergie, nous n'avons plus de feux de mât et plus de pilote.... J'ai changé prématurément les piles du petit gps qui a interdiction formelle de me lâcher maintenant, et je le tiens bien en main. Je ne cesse de dire à voix haute notre cap, presque à chaque passage de la houle, afin de donner des repères à Maxime. Il faut absolument rester sous la droite. Nous allons si vite que je dois faire des points sur la carte toutes les 5 minutes: ainsi je peux dire à Maxime s'il faut lofer ou abattre... mais globalement, et dans cette mer de dingos (j'insiste) nous sommes bien sur la route et sincèrement, je trouve que notre trio gère trop bien!
Mais la barre est dure à tenir: nous sommes au portant et ce sont désormais les empannages non-désirés qui s'enchaînent. A l'intérieur du bateau pour faire mes points, je me fais malmener! Le bateau se couche sur un côté, puis sur un autre: tout valse! Même le gros bidon blanc amarré dans le fond parvient à faire un looping et se pose sur la tête, du jamais vu. Et c'est la caisse des batteries qui bouge désormais; je fais au mieux pour sécuriser tout cela, mais c'est assez éprouvant. Le pauvre Djiandong a le mal de mer et vomit de l'huile - mais je me dis qu'il est donc toujours vivant, bon signe. En pleine nuit, nous savons que nous sommes proches, et bien que j'aime le large... là, ça fait des heures que ça dure et j'avoue que nous avons vraiment hâte d'arriver et que ce cirque se termine. Ah oui, parce que la nouveauté de cette deuxième partie de la nuit, c'est que l'eau re-rentre à l'intérieur! Alors je reprends mes vieilles habitudes et écope à coups de seaux d'eau, entre deux points que je tente de faire comme je peux sur la couchette qui reste l'endroit le moins trempé. Dehors, Maxime hallucine sur les conditions, et tente de me prévenir en criant des "vaaaaague!!!" pour que je me prépare à valser à l'intérieur! C'est que ça déferle, dehors! Et dedans un peu aussi...
7h. Nous avons enfin passé le cap qui nous permet de dire que nous sommes sous le vent de l'île et attendons qu'une chose; que les conditions se calment enfin un peu.... ça tarde à devenir vrai, mais enfin, la houle retombe comme un soufflé au fromage tout juste sorti du four. Nous faisons route vers Arrecife parce que je me dis qu'il doit y avoir un port.
8h30. Nous entrons dans le chenal d'Arrecife... le jour est là et un joli petit bateau de pêche en bois nous salue dans le chenal, au moment même où je vois qu'il n'y a pas de quai alors je leur demande: "vous savez où il y a un port pas loin?" et ils répondent qu'à quelques milles de là, plus au sud, il y a "Puerto del Carmen". Et nous repartons vers la mer.
9h. Toujours deux ris dans la grand voile. Petit café, nous sommes rincés par cette folle nuit... mais curieusement nous sommes en forme. Peut-être encore un peu sous l'adrénaline de la nuit. On nous aurait dit qu'il fallait encore continuer pendant des jours, peut-être aurions nous été ok. Nous allons bien. Je suis à la barre et Maxime regarde la côte vers le Sud avec les jumelles, des mâts de bateaux se distinguent au dessus d'une digue, pas d'hésitation, nous y allons.
L'île de Lanzarote vue de la mer, c'est assez fantastique: des volcans et des déserts. C'est lunaire. Je n'ai jamais été ici, Maxime non plus, et nous sommes très impressionnés par ce que nous voyons.
Il est 9h30 ou 10h, je ne sais pas trop, et nous arrivons au port... J'appelle le Port del Carmen avec le peu de batterie vhf qu'il reste, mais personne ne répond.. Peut-être normal, puisque nous sommes en approche du port Calero! Il faut dire que je n'ai pas de carte plus précise que celle que vous voyez là, ci-dessus. Manoeuvre compliquée à la voile avec la gv sous 2 ris et face au vent, mais tout va bien et TaraTari est enfin amarré, après 11 jours de navigation.
Je marche comme si j'étais saoule, mais arrive à suivre le marinero qui me conduit à la capitainerie. Présentation des papiers et autres formalités et je reviens au bateau. Je n'arriverai pas à vous dire mon bonheur d'être là. J'enlève ciré et bottes, regarde Tara Tari, et j'ai les larmes aux yeux. Emotive certainement, fatiguée, c'est évident.
Vous n'imaginez même pas le bonheur que j'ai eu en enlevant mon ciré, mes bottes et mes chaussettes. Tout était trempé et le sel a momifié mon ensemble si glamour. Elle est là, la vraie délivrance, quand on enlève ciré, bottes et chaussettes après une bonne baston en mer.
Nous rangeons un peu le bateau. Comme on l'aura compris, plus de batterie dans rien du tout, alors là je me dis qu'il faut absolument que j'arrive à trouver de quoi dire au moins à mes parents que tout va bien et que Tara Tari est à bon port. Mission réussie: mon père me rassure, ils n'étaient pas encore 'trop inquiets' mais il ne fallait pas que nous ne tardions encore trop non plus.
Nous allons pouvoir nous reposer un peu, mais avant... il n'est peut être que 11h30 du matin, nous trinquons avec une bonne bière fraîche et qui me semble être aussi forte qu'une vodka. Je suis épuisée. Heureuse mais épuisée. direction le bateau pour dormir un peu.
Merci Tara Tari, tu as été parfait et aucune avarie majeure à l'arrivée, c'est bien.
Merci Maxime, je sais que cela n'a pas été facile..
Le large était si grisant. c'était dur, j'avoue, mais j'ai aimé, j'ai adoré cet océan et je sais que j'ai envie de continuer. Alors Tara Tari mon tendre ami, si tu es ok, nous allons continuer notre beau voyage,
what we are living for.
Capucine
Vous aviez remarqué? Sur la photo de mon plat de pâtes, en regardant un peu plus loin que le fond du sachet, on peut voir que j'ai le pied droit posé sur le 'mur'. Ma chère maman m'a pourtant toujours bien appris à ne pas manger en mettant les pieds sur les murs, mais là honnêtement je n'avais pas beaucoup le choix. C'était ça ou patatras! Car ce que la photo ne dit pas, c'est que là nous avançons à 5,5 noeuds et qu'en plus d'aller super vite, TaraTari fait un peu de oulaoup avec la houle de l'Atlantique. Super pratique pour dîner, je ne vous raconte pas.
La houle n'est donc pas source de grand grand confort à bord. Mais ce qui m'agace un peu dans cette houle, ce n'est pas l'inconfort, c'est qu'en étant si bas sur l'eau, ces collines bleues cachent l'horizon et il est impossible de voir venir quelconque navire! Du coup, c'est un peu tard que l'on voit les cargos surgir. Un peu tard, mais jamais trop tard. En effet, il faut se dire que 1) le cargo voit Tara Tari sur son écran d'ordinateur, 2) avec du vent, nous pouvons manoeuvrer à temps, même tard pour s'éloigner du danger. "Et le Mer Veille ?!" me direz-vous; Ciel et Marine m'avait offert un super Mer Veille, petit boîtier magique qui fait bip quand un bateau approche mais avec mon problème d'énergie, il ne peut pas fonctionner correctement. Alors à bord, en attendant que je règle ce petit souci d'énergie, ce sont les yeux font office de détecteur de radars. Super pratique, je ne vous raconte pas.
Ce soir, par exemple; grand classique : on ne voit rien et puis hop, un porte-conteneurs apparaît à notre arrière bâbord!
Un petit relèvement ou deux et puis on pousse un peu la barre, pour être à 90° de sa route...
Et on reprend notre cap quand tout est ok.
Là, on se dit qu'on a bien fait de s'écarter un peu et on dit au revoir au bateau et à ses petites boîtes.
Occupation relativement fréquente.
21h. Le vent se renforce et nous prenons un deuxième ris. Tara Tari file toujours à 5,5 noeuds et le soleil se couche et c'est encore super joli. Super joli du genre on ne s'en lasse pas. La navigation n'est pas très confortable mais curieusement nous nous y sommes habitués et prenons plutôt du plaisir à aller vite. Parce que 6 noeuds, pour TaraTari c'est plutôt rapide. Belle soirée... peut-être parce que si ça continue comme ça: nous serons arrivés demain.
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23h. Là, l'idée c'est d'arriver à ne pas trop partir au lof, parce que un peu à notre tribord, il y a un caillou qu'il faut éviter. Il s'appelle "Roque del Este" Rocher de l'Est si je traduis, certainement parce que c'est 1) un rocher, 2) il est juste à l'Est de l'archipel des Canaries.
La mission est assez délicate, parce que nous avons réduit la surface des voiles au maximum (sans rien affaler complètement pour autant) et à cause de la houle nous enchaînons les départs au lof. Je suis très attentive à la route, le petit GPS marche à fond. Ce qui est certain, c'est que dans les conditions que nous avons, il est préférable d'aller se mettre à l'abri sous le vent de l'île de Lanzarote et de donc pas aller vers l'île de Graciosa. Mon regard balaie l'horizon à 360°: RAS, j'entre dans le bateau, où Maxime dort plus ou moins et je fais un point sur la carte. Mais assez vite, nous entendons un petit bruit; quelque chose a touché la coque, alors je sors vite voir ce qu'il se passe en pensant que cela a dû être une tortue ou un bout de bois puisque nous avons croisé plusieurs tortues et aussi pas mal de bouts de bois. Je me penche sous le vent et c'est assez acrobatique, car la bôme est très basse et le bruit venait pile de là où c'est super dur de voir, sous la grand voile. J'ai le bras gauche à moitié dans l'eau, penchée pour regarder la coque, quand soudain: 2 feux très nets surgissent entre deux vagues. Je fronce les sourcils: "C'est quoi c'est deux feux alignés? Un voilier?!" Une fraction de seconde plus tard, le temps nécessaire pour que mes yeux se soient ré-habitués à l'obscurité nocturne et là, catastrophe: je distingue parfaitement mais vraiment parfaitement la silhouette noire d'un cargo! Il n'est qu'à quelques mètres de nous, enfin 100 ou 200 mètres peut-être! Je crie à Maxime de sortir: "Max!!! SOOOORS!!!!", mon ton est aussi déterminé que celui des participants de Fortboyard voyant la célèbre clepsydre, horloge à l'eau, venir au bout du temps accordé. c'est dire si je suis determinée. Maxime sors la tête de la descente et pense que mon alerte concerne le bruit que nous avons entendu; il regarde sous la gv comme il peut et voit le cargo de plus en plus proche. Nous nous jetons à l'arrière du bateau, je vire le pilote que nous avions dû amarrer à la barre, et hop nous lofons en grand! En très grand! La mer est bien formée avec une houle pas possible et nous nous prenons des tonnes d'eau sur la figure, mais là dans l'instant on s'en fiche pas mal. Nous n'avons eu le temps de rien, sinon de nous échapper In Extremis. Tout cela se passe en une ou deux petites minutes. Le cargo passe à notre arrière.... et nous soufflons un grand coup! Wouaou..... il s'en est fallu de peu! Nous en rions nerveusement. Et je me dit alors: "Tara Tari a vraiment une bonne étoile! je n'ai pas vu le cargo avant d'entrer faire mon point et sans ce bruit qui n'était autre que TaraTari qui nous disait 'youhou les gars, il se passe quelque chose dehors, faudrait sortir voir si on est bon là?!" .. je soupire de soulagement "Merci Tara Tari....!!!" pfiou. Avec Maxime on se dit aussi que la silouhette du cargo tout proche était exactement comme ces images effrayantes que l'on voit pendant le stage ISAF (c'est un stage de sécurité et de survie en mer). Quelle émotion!!
Il faisait nuit, et nous avions tout de même un peu voire beaucoup plus de distance entre nous, heureusement, mais, pour les émotions cela reviendrait à ça, en admettant que Tara Tari soit le dauphin....
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| Plisson |
Le 21 mai. minuit. "Collision évitée de peu. Le vent ne cesse de se renforcer et la houle se creuse: les choses se corsent". C'est la dernière chose que je note dans le petit cahier avant d'ajouter :"Nous voyons les lumières des îles Canaries! Magique!"
3h. C'est bon, nous sommes passés assez loin du rocher à éviter et filons à plus de 6 noeuds vers l'île de Lanzarote. La houle est grosse mais plus longue que les vagues que nous avons eu dans le détroit; mais question confort, ou plutôt d'inconfort, c'est à peu près pareil.
L'idée est d'aller sous le vent de l'île histoire d'arriver quelque part dans des conditions moins musclées. A plusieurs reprises, Tara Tari se couche, se redresse, se re-couche et se re-redresse...
3h30. Nous sommes en plein milieu de cette nuit complètement folle et alors que je suis seule dehors, accrochée à la barre, accrochée au cou de Tara Tari, je tente de suivre au mieux notre route.
La mer est puissante.
Le spectacle qui a commencé dans la soirée donne des frissons. C'est dur pour nous, mais c'est tellement beau. Quel charisme! Ce n'est pas la première fois que cela me fait ça: les conditions pourraient me terrifier et pourtant c'est dans cette mer majestueuse, je savoure mon plaisir d'être au large. C'est grisant. Et voir Tara Tari gérer si bien dans ce vent et cette mer... quel plaisir! Et puis les phares de Lanzarote... ces feux blancs qui percent la nuit si noire. C'est si fort, tout ça. Déjà 11 nuits en mer et cela joue certainement, avec la fatigue et l'ivresse certaine que la mer procure à bord d'un si petit bateau, j'ai l'impression que les sentiments sont démultipliés... j'aime écrire, mais ça, cet étrange sentiment de bien être au large, je ne saurais le décrire.
Pourtant j'aimerais bien réussir à partager ces frissons. Si je n'arrive pas à décrire ce que je vis, je peux en tout cas essayer de vous faire sentir le charisme des éléments et l'ambiance de cette nav', il y a, il me semble, une musique et une voix suffisamment 'puissantes' pour vous mettre dans l'ambiance de cette folle nuit dans l'océan.
> Il faut, avant de cliquer sur le lien, mettre des écouteurs pour n'entendre que cela et mettre le volume à fond, car les vagues font un bruit de dingos. Ensuite il faut continuer à lire ce texte -enfin si ça vous dit toujours- avec cette musique et cette voix en fond sonore et, j'insiste, avec le volume à fond: Organisez-vous et CLIQUER ICI. Puis revenez vite :)
Maxime prend la barre et je me mets à la nav. Sur la carte, nous devons impérativement réussir à rester sous une droite tracée vers un cap de l'île qui une fois passé, nous assurera d'être à l'abri du vent. Derrière ce cap, tout sera plus tranquille, enfin un peu plus tranquille. La houle est impressionnante et le cap (direction) dur à tenir. Plus d'énergie, nous n'avons plus de feux de mât et plus de pilote.... J'ai changé prématurément les piles du petit gps qui a interdiction formelle de me lâcher maintenant, et je le tiens bien en main. Je ne cesse de dire à voix haute notre cap, presque à chaque passage de la houle, afin de donner des repères à Maxime. Il faut absolument rester sous la droite. Nous allons si vite que je dois faire des points sur la carte toutes les 5 minutes: ainsi je peux dire à Maxime s'il faut lofer ou abattre... mais globalement, et dans cette mer de dingos (j'insiste) nous sommes bien sur la route et sincèrement, je trouve que notre trio gère trop bien!
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| Nous faisons la route parfaite, pile où nous voulons être |
7h. Nous avons enfin passé le cap qui nous permet de dire que nous sommes sous le vent de l'île et attendons qu'une chose; que les conditions se calment enfin un peu.... ça tarde à devenir vrai, mais enfin, la houle retombe comme un soufflé au fromage tout juste sorti du four. Nous faisons route vers Arrecife parce que je me dis qu'il doit y avoir un port.
8h30. Nous entrons dans le chenal d'Arrecife... le jour est là et un joli petit bateau de pêche en bois nous salue dans le chenal, au moment même où je vois qu'il n'y a pas de quai alors je leur demande: "vous savez où il y a un port pas loin?" et ils répondent qu'à quelques milles de là, plus au sud, il y a "Puerto del Carmen". Et nous repartons vers la mer.
9h. Toujours deux ris dans la grand voile. Petit café, nous sommes rincés par cette folle nuit... mais curieusement nous sommes en forme. Peut-être encore un peu sous l'adrénaline de la nuit. On nous aurait dit qu'il fallait encore continuer pendant des jours, peut-être aurions nous été ok. Nous allons bien. Je suis à la barre et Maxime regarde la côte vers le Sud avec les jumelles, des mâts de bateaux se distinguent au dessus d'une digue, pas d'hésitation, nous y allons.
L'île de Lanzarote vue de la mer, c'est assez fantastique: des volcans et des déserts. C'est lunaire. Je n'ai jamais été ici, Maxime non plus, et nous sommes très impressionnés par ce que nous voyons.
Il est 9h30 ou 10h, je ne sais pas trop, et nous arrivons au port... J'appelle le Port del Carmen avec le peu de batterie vhf qu'il reste, mais personne ne répond.. Peut-être normal, puisque nous sommes en approche du port Calero! Il faut dire que je n'ai pas de carte plus précise que celle que vous voyez là, ci-dessus. Manoeuvre compliquée à la voile avec la gv sous 2 ris et face au vent, mais tout va bien et TaraTari est enfin amarré, après 11 jours de navigation.
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| Arrivée à Lanzarote, le 21 mai 2012. |
Vous n'imaginez même pas le bonheur que j'ai eu en enlevant mon ciré, mes bottes et mes chaussettes. Tout était trempé et le sel a momifié mon ensemble si glamour. Elle est là, la vraie délivrance, quand on enlève ciré, bottes et chaussettes après une bonne baston en mer.
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| moi je suis rincée et mon ciré, lui, mérite de l'être |
Nous rangeons un peu le bateau. Comme on l'aura compris, plus de batterie dans rien du tout, alors là je me dis qu'il faut absolument que j'arrive à trouver de quoi dire au moins à mes parents que tout va bien et que Tara Tari est à bon port. Mission réussie: mon père me rassure, ils n'étaient pas encore 'trop inquiets' mais il ne fallait pas que nous ne tardions encore trop non plus.
Nous allons pouvoir nous reposer un peu, mais avant... il n'est peut être que 11h30 du matin, nous trinquons avec une bonne bière fraîche et qui me semble être aussi forte qu'une vodka. Je suis épuisée. Heureuse mais épuisée. direction le bateau pour dormir un peu.
Merci Tara Tari, tu as été parfait et aucune avarie majeure à l'arrivée, c'est bien.
Merci Maxime, je sais que cela n'a pas été facile..
Le large était si grisant. c'était dur, j'avoue, mais j'ai aimé, j'ai adoré cet océan et je sais que j'ai envie de continuer. Alors Tara Tari mon tendre ami, si tu es ok, nous allons continuer notre beau voyage,
what we are living for.
Capucine
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