C'est l'histoire d'une jeune femme et d'un joli petit bateau. Ensemble, ils se sont soignés et ont décidé de partir s'amuser et voyager.
Suivez les aventures Capucine et Tara Tari!
Tout au long de son périple, Capucine Trochet va à la rencontre des personnes et des cultures, apporte son témoignage, apprend de ces échanges. Elle partage son expérience, sa simplicité et son idée que le bien-être est accessible à celui qui veut bien comprendre et prendre le temps.
Quelques jours, à éponger, sécher et ranger le bateau et puis hop, c'est parti pour une petite excursion à la rencontre d'une autre île: Santo Antao. Le paradis de la nature verte après quelques jours dans le bleu de l'océan.
Santo Antao
A quelques milles au Nord Ouest de Sao Vincente, je me retrouve sur une île magique. Il fait bon mais frais, et la verdure, l'odeur du vert, des fruits et du café me portent dans un petit paradis préservé de nos civilisations dévastatrices. Des montagnes immenses et du bien être, tout ce qu'il me fallait pour retrouver quelques forces. J'aime la mer mais quel bonheur de me retrouver dans les montagnes de verdure.
Sur le flanc de la montagne, des petites maisons se fondent dans les champs de canne à sucre et de bananiers. Ici aussi, on parle un mélange de Portugais et de créole, les habitants de Santo Antao ont la main sur le coeur, offrent des fruits aux randonneurs et leurs sourires à qui les croisent sur les sentiers. Quelle hospitalité, quel soulagement de savoir qu'il existe encore des endroits où les Hommes et la Nature cohabitent sans excès!
Des heures de marche pour mes petites jambes qui ne fonctionnent pas très bien, mais cela en vaut la peine. Ce que je ressens ici est dur à expliquer. Je me pose au hasard d'un sentier. Une petite fille me regarde et me prend la main, elle m'entraîne voir une fleur.
C'est une capucine.
Plus loin après quelques plantations de café, des bananiers à perte de vue.
Douce promenade...
Quelques journées dans ce havre de paix, de fruits et de verdure me font le plus grand bien...
Je passe des heures à regarder les fleurs et tous les petits détails, cadeaux colorés de ces belles montagnes. Non mais sérieux, regardez :
Les fleurs et tous les petits détails... même les plus petits. C'est si joli.
C'est fou, ce besoin de VERT après le BLEU de la mer, après l'ORANGE de mon petit voilier.
En fait, je crois sincèrement que la vie est vraiment belle quand on la vit en couleur.
Vive le soleil qui permet de les distinguer!
A bientôt!
Capucine
La nuit tombe sur Mindelo, ville natale de Cesaria Evora. Une grande dame qui a fait connaître le Cap Vert dans le monde entier. C'est elle qui, par sa voix et ses rythmes, m'a donné l'envie de venir ici.
La petite pension dans laquelle je passe ma première nuit à terre se situe sur le port, dans une ancienne bâtisse coloniale toute colorée. Entre les tableaux d'amoureux sur fond de coucher de soleil sur la mer, les draps en faux satin rose et les rideaux en dentelles grisâtres, je sens que je vais dormir profondément. Une bonne douche dans la salle de bain commune, sous un filet d'eau chaude et quelques cafards que je dérange un peu, me semble un luxe rare. Cette nav m'a épuisée.
La fatigue m'emporte et je me repose, allongée sur le dos, les yeux fermés sur ma navigation mouvementée. Les images se bousculent sous mes paupières, des vracs, des vagues énormes et mon petit TaraTari qui se redresse à chaque fois... je n'arrive pas à m'endormir. L'adrénaline des émotions fortes vous maintient en éveil.
J'ouvre la grande fenêtre. Besoin de sentir le vent. Je regarde la mer, apaisée dans la baie de Mindelo. Je m'allonge à nouveau, ferme les yeux. Tout s'apaise quand j'entends ces doux rythmes de la vie cap verdienne. Que j'aime cette musique. Partout dans les rues de Mindelo, dans les petits bars à ciel ouvert, on chante, on joue et l'on écoute la voix de la Diva aux pieds nus.
Cesaria Evora est née ici, sur l'île de Sao Vincente, le 27 août 1941. Cesaria n'a pas eu une vie facile. Sa maman était cuisinière et son papa, guitariste et musicien. Quand ce dernier meurt, Cesaria est placée en orphelinat, elle n'a alors que 7 ans. Son talent pour la musique séduit; elle joue dans les bars, tard la nuit, en échange de quelques verres, et se débrouille pour vivre avec bien peu de moyens. La rencontre avec Ti Goy, qui deviendra son mentor, va tout changer. Cesaria enregistre pour une radio, puis deux disques. Sa réputation monte dans l'archipel mais elle vit simplement avec sa mère et ses enfants. Le Cap Vert gagne son indépendance en 1975, et Cesaria est alors silencieuse, sa vie est dure d'après ce que me dit l'un de ses neveux. Dix ans plus tard, à l'occasion d'un hommage à l'indépendance, Cesaria remonte sur scène et enregistre un album solo. Le succès international la mène jusqu'aux Etats-Unis, mais elle est souvent en état d'ébriété au moment de donner ses concerts. Il faut donc encore quelques années et de bonnes rencontres pour que Cesaria reçoive enfin le respect et l'admiration de tous. Les années 90, sont celles du succès... allant jusqu'à vendre 4,5 millions d'albums. Cesaria fait connaître le Cap Vert, par la musique, dans le monde entier.
Il y a quelques années, j'avais eu le plaisir de rencontrer Cesaria Evora. C'était dans les falaises de la Costa Brava, à Calella de Palagfrugell, avec ma chère maman. Nous l'avions écoutée chanter toute la soirée, pieds nus au-dessus de la mer Méditerranée.
Cesaria Evora est morte en décembre 2011, laissant dans les coeurs du Cap Vert et d'ailleurs, sa musique et sa voix si fascinantes.
On distingue principalement deux types de rythmes de musique dans son répertoire; Cesaria chante la "morna" et la "coladeira". Si la Coladeira est plutôt joyeuse et rapide, la Morna est chantée pour le 'départ', c'est un style de musique nostalgique et plaintive, plutôt lente mais entraînante malgré tout.. La plus populaire "morna" de Cesaria, est "Sodade", chanté encore aujourd'hui dans toutes les rues capverdiennes. Indescriptible, il faut l'écouter...
Les jours suivants près du port, c'est au petit café Lisboa, que j'ai eu le plaisir de partager des moments de vie complètement hors du temps avec les proches de Cesaria. Avec Chico Serra par exemple, qui a été le pianiste de Cesaria. Chico m'a même appris à danser la Coladeira et la Morna, m'a raconté mille anecdotes de leurs tournées dans le monde entier. Ce petit monsieur tout simple a voyagé dans le monde entier, été applaudi par des milliers de mains et pourtant il est la simplicité même. Ou encore avec Tibo Evora, artiste chanteur devenu ami au fil de mon mois d'escale au Cap Vert. Dans ce tout petit café, la musique est reine. Que des habitués, que des musiciens autour de ces quatre petites tables en bois. Quelle ambiance dans cette lumière tamisée qui éclaire les sourires, les chants et les verres de rhum. Que j'aime cet endroit! Que j'ai aimé vous rencontrer, vous écouter cher Chico, cher Tibo! Votre musique et vos récits sur Cesaria, sur le Cap Vert et sur la vie marquent mon escale à tout jamais.
Tibo Evora
Par ces quelques lignes, je souhaite donc vous dire merci, amis du Cap Vert, pour votre musique reposante, apaisante dont le monde a besoin. C'était génial de partager tous ces moments avec vous, Tibo, Chico et les autres. On se revoit vite, bien vite, je l'espère de tout mon coeur! J'écris et écoute Cesaria, je pense à vous tous.
Le Marin, Martinique. Mars 2013. - récit d'escale au Cap Vert.
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Cet
archipel m'a toujours intriguée, attirée, mais si ce n'est la musique
et particulièrement celle de Cesaria Evora, je ne connaissais pas grand
chose du Cap-Vert.
Where is le Cap-Vert ?
Les
11 jours de mer, de l'île de Lanzarote à l'île de Sao Vincente, ont été
éprouvants alors cette arrivée a eu une saveur bien particulière. Je
viens de vivre la nav la plus extrême de ma petite vie mais le bateau et
l'équipage sont à bon port, sans casse ni blessure et je ressens une
grande satisfaction. Il ne s'agit pas de fierté mais bien d'un bonheur
pur et profond d'avoir accompli quelque chose de dur. Le Cap-Vert a la
délicieuse saveur d'un cadeau accordé par les dieux du vent et de
l'océan. Et dans cet état de flottement propre à l'arrivée, je
m'émerveille devant tout ce qui m'entoure: les falaises, les couleurs,
les petits bateaux de pêche, tout est superbe. Et quel accueil, à Sao
Vincente! Je ne savais pas à quoi m'attendre parce que j'avais refusé de
lire quoi que ce soit ou même de regarder des photographies. Je ne
souhaitais pas laisser mon imagination esquisser le décor de ma
prochaine escale. Le Cap-Vert en découverte totale, dans ces conditions
de cadeau des dieux, l'expérience est un délice.
Mindelo, la baie abri
En mer, le Cap-Vert m'est d'abord apparu comme une majestueuse
montagne, aux falaises immenses, dures et puissantes face au vent du Nord
Est, et puis en entrant dans la baie de Mindelo, l'île de Sao Vincente
m'a semblé l'abri parfait. Antre protecteur, de paix, de chaleur humaine
et de musique.
Ce pays insulaire est composé
d'une dizaine d'îles volcaniques situées au large de l'Afrique, en face
de la Mauritanie, du Sénégal et de la Gambie. L'archipel se divise en
deux séries d'îles: au sud les îles de Sotavento: Brava, Fogo, Santiago
et Maio et au nord, les îles de Barlavento: Boa Vista, Sal, Sao Nicolau,
Santa Luzia, Sao Vincente (où je suis) et Santo Antao. Les îles du
Cap-Vert restèrent inhabitées jusqu'à l'arrivée des explorateurs
portugais en 1456. Le nom Cap-Vert vient du nom du cap le plus à l'Ouest
du Sénégal, près de Dakar, qui s'appelle justement "cap Vert". Colonie
portugaise jusqu'en 1975, l'histoire du Cap-Vert est marquée par deux
périodes de prospérité, au XVIIè siècle grâce au commerce des esclaves,
puis à la fin du XIXè siècle qui vit l'ouverture des lignes
transatlantiques.
les pêcheurs de Sao Vincente, et les voiles en sac de riz
La
population des îles capverdiennes est issue d'un métissage entre
Portugais et Africains, on parle portugais et aussi le kriolu (créole
capverdien). Aujourd'hui, il y a plus de Capverdiens qui vivent en
dehors du territoires que de locaux: environ 700 000 ressortissants à
l'étranger pour 500 000 dans l'archipel. Cela s'explique par les
nombreuses famines qui ont touché le Cap Vert jusqu'à l'indépendance en
1975, qui ont forcé les habitants à l'exil. Si l'aide alimentaire a,
depuis, considérablement permis de réduire les famines, le Cap Vert
reste encore une terre d'émigration. "Tu comprends, il y a plus de
travail ailleurs" m'explique un ami capverdien "mais nous revenons tous
régulièrement au pays car il n'y a pas d'autre endroit où l'on se sente
aussi bien qu'à la maison". Et c'est vrai qu'il règne ici une ambiance
particulièrement ressourçante. On se sent bien, ici. Cet ami me raconte
aussi un souvenir de son enfance, où il s'attristait de voir que le Cap
Vert ne figurait pas souvent sur les cartes des Atlas de géographie.
Mais d'un sourire il efface cette amertume et se met à chanter "Mon
petit pays" de Cesaria Evora.
Le premier soir à terre,
dans cet état tout étrange, j'entends cette musique cap verdienne. Trois
jeunes jouent et chantent des airs qui m'emportent dans mes émotions.
Une larme coule sur ma joue, je suis heureuse. L'escale au Cap Vert
commence.
Cela fait un peu plus de dix jours que TaraTari est amarré au Marin, en Martinique. En Martinique... j'ai encore un peu de mal à réaliser. Je suis encore en phase d'atterrissage. Le corps plié pendant 25 jours, assise dans l'eau salée, je me déplie, marche, sèche et me soigne. Le moral est bon, très bon, mais la fatigue m'a rattrapée après 4 jours à terre, il me faut donc encore un peu de repos avant de reprendre le fil de mes récits, quelques jours dans ce sas de décompression.
La traversée de l'Atlantique s'est bien passée et TaraTari va bien. Le duo avec Max a bien fonctionné, et je ne regrette pas de lui avoir dit d'embarquer; ça a été assez dur pour deux. Désormais en Mer des Caraïbes, ce petit bateau a déjà parcouru un demi tour du monde! C'est fou. C'est génial. Bravo petit bateau! Je suis contente mais reste dans des émotions justes et non-euphoriques. Je suis heureuse, mais si ce grand voyage se passe bien, c'est en partie parce que je le prépare et le
vis avec toute mon énergie et tout mon coeur depuis deux ans. Rien n'a été "facile" depuis le départ de La Ciotat et j'ai parfois eu à prendre des décisions sages (contournement du cap de Gata après 6 tentatives, embarquer un équipier pour la traversée...) parce que la sécurité passe avant tout. L'hiver en med en solo, l'Atlantique, on m'a tellement dit que tout cela était "impossible" et pourtant... Je pense ne jamais avoir été inconsciente, j'ai essayé de faire les choses bien et aujourd'hui TaraTari est là, avec l'Atlantique dans son sillage.
Enfin voilà, ces quelques lignes pour vous dire merci, à vous tous qui m'avez aidée et soutenue, à vous tous qui avez envoyé des messages que je découvre peu à peu depuis l'arrivée en Martinique. Je prendrai le temps de répondre aux messages, de raconter l'escale au Cap Vert déjà, mes choix là-bas et puis la traversée de l'Atlantique ensuite. Pendant la nav, mon ordi planqué dans un sac étanche n'a pas survécu à l'humidité, tout comme mon petit téléphone (et tout ce qui était à bord), ce qui ne m'aide pas à donner beaucoup de nouvelles.
La Martinique est une très agréable terre d'accueil, où j'ai retrouvé famille et amis. Belles journées dans la jungle, quel bonheur de se retrouver dans la verdure! je savoure la vie et le bien être.. en toute simplicité, comme toujours, et tout va bien.
A très bientôt et encore merci à tous,
l'aventure continue ;)
Capucine
ça y est! Tara Tari est arrivé de l'autre côté de l'océan Atlantique, le samedi 23 février 2013, après 25 jours de mer entre Mindelo, Cap Vert et Le Marin, Martinique.
Voilà 20 jours que Tara Tari a quitté le Cap Vert pour les Antilles!
Tout va bien à bord pour Capucine et Maxime malgré des conditions météo un peu musclées...
L'arrivée à la Martinique est actuellement prévue pour vendredi 22 février au port du Marin.